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Mysterious Island Shipwrecked in the Air Abandoned Secret of the Island |
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CHAPITRE 21 Depuis ce moment, il ne se passa plus un seul jour sans que Pencroff allât visiter ce qu’il appelait sérieusement son « champ de blé. » Et malheur aux insectes qui s’y aventuraient ! Ils n’avaient aucune grâce à attendre. Vers la fin du mois de juin, après d’interminables pluies, le temps se mit décidément au froid, et, le 29, un thermomètre Fahrenheit eût certainement annoncé vingt degrés seulement au-dessus de zéro (6,67 degrés centigrades au-dessous de glace). Le lendemain, 30 juin, jour qui correspond au 31 Décembre de l’année boréale, était un vendredi. Nab fit observer que l’année finissait par un mauvais jour ; mais Pencroff lui répondit que, naturellement, l’autre commençait par un bon, – ce qui valait mieux. En tout cas, elle débuta par un froid très vif. Des glaçons s’entassèrent à l’embouchure de la Mercy, et le lac ne tarda pas à se prendre sur toute son étendue. On dut, à plusieurs reprises, renouveler la provision de combustible. Pencroff n’avait pas attendu que la rivière fût glacée pour conduire d’énormes trains de bois à leur destination. Le courant était un moteur infatigable, et il fut employé à charrier du bois flotté jusqu’au moment où le froid vint l’enchaîner. Au combustible fourni si abondamment par la forêt, on joignit aussi plusieurs charretées de houille, qu’il fallut aller chercher au pied des contreforts du mont Franklin. Cette puissante chaleur du charbon de terre fut vivement appréciée par une basse température, qui, le 4 juillet, tomba à huit degrés Fahrenheit (13 degrés centigrades au-dessous de zéro). Une seconde cheminée avait été établie dans la salle à manger, et, là, on travaillait en commun. Pendant cette période de froid, Cyrus Smith n’eut qu’à s’applaudir d’avoir dérivé jusqu’à Granite-House un petit filet des eaux du lac Grant. Prises au-dessous de la surface glacée, puis, conduites par l’ancien déversoir, elles conservaient leur liquidité et arrivaient à un réservoir intérieur, qui avait été creusé à l’angle de l’arrière-magasin, et dont le trop-plein s’enfuyait par le puits jusqu’à la mer. Vers cette époque, le temps étant extrêmement sec, les colons, aussi bien vêtus que possible, résolurent de consacrer une journée à l’exploration de la partie de l’île comprise au sud-est entre la Mercy et le cap Griffe. C’était un vaste terrain marécageux, et il pouvait se présenter quelque bonne chasse à faire, car les oiseaux aquatiques devaient y pulluler. Il fallait compter de huit à neuf milles à l’aller, autant au retour, et, par conséquent, la journée serait bien employée. Comme il s’agissait aussi de l’exploration d’une portion inconnue de l’île, toute la colonie dut y prendre part. C’est pourquoi, le 5 juillet, dès six heures du matin, l’aube se levant à peine, Cyrus Smith, Gédéon Spilett, Harbert, Nab, Pencroff, armés d’épieux, de collets, d’arcs et de flèches, et munis de provisions suffisantes, quittèrent Granite-House, précédés de Top, qui gambadait devant eux. On prit par le plus court, et le plus court fut de traverser la Mercy sur les glaçons qui l’encombraient alors. « Mais, fit observer justement le reporter, cela ne peut remplacer un pont sérieux ! » aussi, la construction d’un pont « sérieux » était-elle notée dans la série des travaux à venir. C’était la première fois que les colons mettaient pied sur la rive droite de la Mercy, et s’aventuraient au milieu de ces grands et superbes conifères, alors couverts de neige. Mais ils n’avaient pas fait un demi-mille, que, d’un épais fourré, s’échappait toute une famille de quadrupèdes, qui y avaient élu domicile, et dont les aboiements de Top provoquèrent la fuite. « Ah ! on dirait des renards ! » s’écria Harbert, quand il vit toute la bande décamper au plus vite. C’étaient des renards, en effet, mais des renards de très grande taille, qui faisaient entendre une sorte d’aboiement, dont Top parut lui-même fort étonné, car il s’arrêta dans sa poursuite, et donna à ces rapides animaux le temps de disparaître. Le chien avait le droit d’être surpris, puisqu’il ne savait pas l’histoire naturelle. Mais, par leurs aboiements, ces renards, gris roussâtres de pelage, à queues noires que terminait une bouffette blanche, avaient décelé leur origine. Aussi, Harbert leur donna-t-il, sans hésiter, leur véritable nom de « culpeux. » Ces culpeux se rencontrent fréquemment au Chili, aux Malouines, et sur tous ces parages américains traversés par les trentième et quarantième parallèles. Harbert regretta beaucoup que Top n’eût pu s’emparer de l’un de ces carnivores. « Est-ce que cela se mange ? demanda Pencroff, qui ne considérait jamais les représentants de la faune de l’île qu’à un point de vue spécial. – Non, répondit Harbert, mais les zoologistes n’ont pas encore reconnu si la pupille de ces renards est diurne ou nocturne, et s’il ne convient pas de les ranger dans le genre chien proprement dit. » Cyrus Smith ne put s’empêcher de sourire en entendant la réflexion du jeune garçon, qui attestait un esprit sérieux. Quant au marin, du moment que ces renards ne pouvaient être classés dans le genre comestible, peu lui importait. Après avoir tourné la pointe de l’épave, les colons trouvèrent une longue plage que baignait la vaste mer. Il était alors huit heures du matin. Le ciel était très pur, ainsi qu’il arrive par les grands froids prolongés ; mais, échauffés par leur course, Cyrus Smith et ses compagnons ne ressentaient pas trop vivement les piqûres de l’atmosphère. D’ailleurs, il ne faisait pas de vent, circonstance qui rend infiniment plus supportables les forts abaissements de la température. Un soleil brillant, mais sans action calorifique, sortait alors de l’Océan, et son énorme disque se balançait à l’horizon. La mer formait une nappe tranquille et bleue comme celle d’un golfe méditerranéen, quand le ciel est pur. Le cap Griffe, recourbé en forme de yatagan, s’effilait nettement à quatre milles environ vers le sud-est. À gauche, la lisière du marais était brusquement arrêtée par une petite pointe que les rayons solaires dessinaient alors d’un trait de feu. Certes, en cette partie de la baie de l’Union, que rien ne couvrait du large, pas même un banc de sable, les navires, battus des vents d’est, n’eussent trouvé aucun abri. On sentait à la tranquillité de la mer, dont nul haut-fond ne troublait les eaux, à sa couleur uniforme que ne tachait aucune nuance jaunâtre, à l’absence de tout récif enfin, que cette côte était accore, et que l’Océan recouvrait là de profonds abîmes. En arrière, dans l’ouest, se développaient, mais à une distance de quatre milles, les premières lignes d’arbres des forêts du Far-West. On se serait cru, pour ainsi dire, sur la côte désolée de quelque île des régions antarctiques que les glaçons eussent envahie. Les colons firent halte en cet endroit pour déjeuner. Un feu de broussailles et de varechs desséchés fut allumé, et Nab prépara le déjeuner de viande froide, auquel il joignit quelques tasses de thé d’Oswego. Tout en mangeant, on regardait. Cette partie de l’île Lincoln était réellement stérile et contrastait avec toute la région occidentale. Ce qui amena le reporter à faire cette réflexion, que si le hasard eût tout d’abord jeté les naufragés sur cette plage, ils auraient pris de leur futur domaine une idée déplorable. « Je crois même que nous n’aurions pas pu l’atteindre, répondit l’ingénieur, car la mer est profonde, et elle ne nous offrait pas un rocher pour nous y réfugier. Devant Granite-House, au moins, il y avait des bancs, un îlot, qui multipliaient les chances de salut. Ici, rien que l’abîme !
– Vous avez raison, mon cher Spilett, répondit Cyrus Smith, c’est une observation que j’ai faite aussi. Cette île, dans sa forme comme dans sa nature, je la trouve étrange. On dirait un résumé de tous les aspects que présente un continent, et je ne serais pas surpris qu’elle eût été continent autrefois. – Quoi ! un continent au milieu du Pacifique ? s’écria Pencroff. – Pourquoi pas ? répondit Cyrus Smith. Pourquoi l’Australie, la Nouvelle-Irlande, tout ce que les géographes anglais appellent l’Australasie, réunies aux archipels du Pacifique, n’auraient-ils formé autrefois une sixième partie du monde, aussi importante que l’Europe ou l’Asie, que l’Afrique ou les deux Amériques ? Mon esprit ne se refuse point à admettre que toutes les îles, émergées de ce vaste Océan, ne sont que des sommets d’un continent maintenant englouti, mais qui dominait les eaux aux époques antéhistoriques. – Comme fut autrefois l’Atlantide, répondit Harbert. Oui, mon enfant… si elle a existé toutefois. – Et l’île Lincoln aurait fait partie de ce continent-là ? demanda Pencroff. – C’est probable, répondit Cyrus Smith, et cela expliquerait assez cette diversité de productions qui se voit à sa surface. – Et le nombre considérable d’animaux qui l’habitent encore, ajouta Harbert. – Oui, mon enfant, répondit l’ingénieur, et tu me fournis là un nouvel argument à l’appui de ma thèse. Il est certain, d’après ce que nous avons vu, que les animaux sont nombreux dans l’île, et, ce qui est plus bizarre, que les espèces y sont extrêmement variées. Il y a une raison à cela, et pour moi, c’est que l’île Lincoln a pu faire autrefois partie de quelque vaste continent qui s’est peu à peu abaissé au-dessous du Pacifique. – Alors, un beau jour, répliqua Pencroff, qui ne semblait pas être absolument convaincu, ce qui reste de cet ancien continent pourra disparaître à son tour, et il n’y aura plus rien entre l’Amérique et l’Asie ? – Si, répondit Cyrus Smith, il y aura les nouveaux continents, que des milliards de milliards d’animalcules travaillent à bâtir en ce moment. – Et quels sont ces maçons-là ? demanda Pencroff. – Les infusoires du corail, répondit Cyrus Smith. Ce sont eux qui ont fabriqué, par un travail continu, l’île Clermont-Tonnerre, les atolls, et autres nombreuses îles à coraux que compte l’océan Pacifique. Il faut quarante-sept millions de ces infusoires pour peser un grain, et pourtant, avec les sels marins qu’ils absorbent, avec les éléments solides de l’eau qu’ils s’assimilent, ces animalcules produisent le calcaire, et ce calcaire forme d’énormes substructions sous-marines, dont la dureté et la solidité égalent celles du granit. Autrefois, aux premières époques de la création, la nature, employant le feu, a produit les terres par soulèvement ; mais maintenant elle charge des animaux microscopiques de remplacer cet agent, dont la puissance dynamique, à l’intérieur du globe, a évidemment diminué, – ce que prouve le grand nombre de volcans actuellement éteints à la surface de la terre. Et je crois bien que, les siècles succédant aux siècles et les infusoires aux infusoires, ce Pacifique pourra se changer un jour en un vaste continent, que des générations nouvelles habiteront et civiliseront à leur tour. – Ce sera long ! dit Pencroff. – La nature a le temps pour elle, répondit l’ingénieur. – Mais à quoi bon de nouveaux continents ? demanda Harbert. Il me semble que l’étendue actuelle des contrées habitables est suffisante à l’humanité. Or, la nature ne fait rien d’inutile. – Rien d’inutile, en effet, reprit l’ingénieur, mais voici comment on pourrait expliquer dans l’avenir la nécessité de continents nouveaux, et précisément sur cette zone tropicale occupée par les îles coralligènes. Du moins, cette explication me paraît plausible. – Nous vous écoutons, monsieur Cyrus, répondit Harbert. – Voici ma pensée : les savants admettent généralement qu’un jour notre globe finira, ou plutôt que la vie animale et végétale n’y sera plus possible, par suite du refroidissement intense qu’il subira. Ce sur quoi ils ne sont pas d’accord, c’est sur la cause de ce refroidissement. Les uns pensent qu’il proviendra de l’abaissement de température que le soleil éprouvera après des millions d’années ; les autres, de l’extinction graduelle des feux intérieurs de notre globe, qui ont sur lui une influence plus prononcée qu’on ne le suppose généralement. Je tiens, moi, pour cette dernière hypothèse, en me fondant sur ce fait que la lune est bien véritablement un astre refroidi, lequel n’est plus habitable, quoique le soleil continue toujours de verser à sa surface la même somme de chaleur. Si donc la lune s’est refroidie, c’est parce que ces feux intérieurs auxquels, ainsi que tous les astres du monde stellaire, elle a dû son origine, se sont complètement éteints. Enfin, quelle qu’en soit la cause, notre globe se refroidira un jour, mais ce refroidissement ne s’opérera que peu à peu. Qu’arrivera-t-il alors ? C’est que les zones tempérées, dans une époque plus ou moins éloignée, ne seront pas plus habitables que ne le sont actuellement les régions polaires. Donc, les populations d’hommes, comme les agrégations d’animaux, reflueront vers les latitudes plus directement soumises à l’influence solaire. Une immense émigration s’accomplira. L’Europe, l’Asie centrale, l’Amérique du Nord seront peu à peu abandonnées, tout comme l’Australasie ou les parties basses de l’Amérique du Sud. La végétation suivra l’émigration humaine. La flore reculera vers l’équateur en même temps que la faune. Les parties centrales de l’Amérique méridionale et de l’Afrique deviendront les continents habités par excellence. Les Lapons et les Samoyèdes retrouveront les conditions climatériques de la mer polaire sur les rivages de la Méditerranée. Qui nous dit, qu’à cette époque, les régions équatoriales ne seront pas trop petites pour contenir l’humanité terrestre et la nourrir ? Or, pourquoi la prévoyante nature, afin de donner refuge à toute l’émigration végétale et animale, ne jetterait-elle pas, dès à présent, sous l’équateur, les bases d’un continent nouveau, et n’aurait-elle pas chargé les infusoires de le construire ? J’ai souvent réfléchi à toutes ces choses, mes amis, et je crois sérieusement que l’aspect de notre globe sera un jour complètement transformé, que, par suite de l’exhaussement de nouveaux continents, les mers couvriront les anciens, et que, dans les siècles futurs, des Colombs iront découvrir les îles du Chimboraço, de l’Himalaya ou du mont Blanc, restes d’une Amérique, d’une Asie et d’une Europe englouties. Puis enfin, ces nouveaux continents, à leur tour, deviendront eux-mêmes inhabitables ; la chaleur s’éteindra comme la chaleur d’un corps que l’âme vient d’abandonner, et la vie disparaîtra, sinon définitivement du globe, au moins momentanément. Peut-être, alors, notre sphéroïde se reposera-t-il, se refera-t-il dans la mort pour ressusciter un jour dans des conditions supérieures ! – Mon cher Cyrus, répondit Gédéon Spilett, ces théories sont pour moi des prophéties, et elles s’accompliront un jour. – Tout cela est bel et bien, dit alors Pencroff, qui avait écouté de toutes ses oreilles, mais m’apprendrez-vous, monsieur Cyrus, si l’île Lincoln a été construite par vos infusoires ? – Non, répondit Cyrus Smith, elle est purement d’origine volcanique. – Alors, elle disparaîtra un jour ? – C’est probable. – En attendant, dit Gédéon Spilett, installons-nous comme pour l’éternité. » Ceci finit la conversation. Le déjeuner était terminé. L’exploration fut reprise, et les colons arrivèrent à la limite où commençait la région marécageuse. C’était bien un marais, dont l’étendue, jusqu’à cette côte arrondie qui terminait l’île au sud-est, pouvait mesurer vingt milles carrés. Le sol était formé d’un limon argilo-siliceux, mêlé de nombreux débris de végétaux. Des conferves, des joncs, des carex, des scirpes, çà et là quelques couches d’herbages, épais comme une grosse moquette, le recouvraient. Quelques mares glacées scintillaient en maint endroit sous les rayons solaires. Ni les pluies, ni aucune rivière, gonflée par une crue subite, n’avaient pu former ces réserves d’eau. On en devait naturellement conclure que ce marécage était alimenté par les infiltrations du sol, et cela était en effet. Il était même à craindre que l’air ne s’y chargeât, pendant les chaleurs, de ces miasmes qui engendrent les fièvres paludéennes. Au-dessus des herbes aquatiques, à la surface des eaux stagnantes, voltigeait un monde d’oiseaux. Vers cinq heures du soir, Cyrus Smith et ses compagnons reprirent le chemin de leur demeure, en traversant le marais des Tadornes, et ils repassèrent la Mercy sur le pont de glaces. À huit heures du soir, tous étaient rentrés à Granite-House. |
CHAPTER 21 From this moment Pencroff did not let a day pass without visiting what he called with perfect gravity, his “corn field.”
Near the end of the month of June, after the interminable rains, the weather became decidedly cold, and on the 29th, a Fahrenheit thermometer would certainly have stood at only 20° above zero.
At all events, it began with a very cold snap. Ice accumulated at the mouth of the Mercy, and the whole surface of the lake was soon frozen over. Fresh firewood had continually to be procured. Pencroff had not waited for the river to freeze to convey enormous loads of wood to their destination.
The powerful heat from the coal was thoroughly appreciated in a temperature which on the 4th of July fell to eight degrees above zero. A second chimney had been set up in the dining-room, where they all worked together.
About this time the weather being very dry, the colonists, dressing as warmly as possible, determined to devote a day to the exploration of that part of the island situated to the southeast, between the Mercy and Claw Cape. It was a large swampy district and might offer good hunting, as aquatic birds must abound there.
Therefore, on the 5th of July, at 6 o’clock in the morning, before the sun had fairly risen, the whole party, armed with spears, snares, bows and arrows, and furnished with enough provisions for the day, started from Granite House, preceded by Top, who gamboled before them. They took the shortest route, which was to cross the Mercy on the blocks of ice which then obstructed it. “But,” as the reporter very truly observed, “this cannot supply the place of a real bridge.” So the construction of a “real” bridge was set down as work for the future. This was the first time that the colonists had set foot on the right bank of the Mercy and had plunged into the forest of large and magnificent firs, then covered with snow. But they had not gone half a mile when the barking of Top frightened from a dense thicket where they had taken up their abode, a whole family of quadrupeds.
And they were foxes, but foxes of enormous size. They made a sort of bark which seemed to astonish Top, for he stopped in his chase and gave these swift animals time to escape.
The dog had a right to be surprised, for he knew nothing of natural history; but by this barking, the grayish-red color of their hair, and their black tails, which ended in a white tuft, these foxes had betrayed their origin. So Herbert gave them without hesitation their true name of culpeux. These culpeux are often met with in Chile, in the Saint Malo group, and in all those parts of America lying between the 30th and 40th parallels. Herbert was very sorry that Top had not caught one of these carnivora. “Can we eat them?” asked Pencroff, who always considered the fauna of the island from that special point of view.
Having turned Jetsam Point the party came upon a long reach washed by the sea. It was then 8 o’clock in the morning.
To the left, the border of the swamp was abruptly intercepted by a little point which shone brightly against the sun.
By the perfect calm of the sea, with no shoals to disturb its waters, by its uniform color, with no tinge of yellow, and, finally, by the entire absence of reefs, they knew that this side was steep, and that here the ocean was fathoms deep.
The reporter thought that if the castaways had been thrown upon this coast, they would have had a very melancholy impression of their future home. “I do not believe we could even have reached it,” said the engineer, “for the sea is very deep here, and there is not even a rock which would have served as a refuge; before Granite House there were shoals, at least, and a little island which multiplied our chances of safety; here is only the bottomless sea.” “It is curious enough,” said Spilett, “that this island, relatively so small, presents so varied a soil. This diversity of appearance belongs, logically, only to continents of a considerable area. One would really think that the western side of Lincoln Island, so rich and fertile, was washed by the warm waters of the Gulf of Mexico, and that the northern and southern coasts extended into a sort of Arctic Sea.” “You are right, my dear Spilett,” replied the engineer, “I have observed the same thing. I have found this island curious both in its shape and in its character. It has all the peculiarities of a continent, and I would not be surprised if it had been a continent formerly.” “What! a continent in the middle of the Pacific!” cried Pencroff. “Why not?” answered Smith. “Why should not Australia, New Ireland, all that the English geographers call Australasia, joined to the Archipelagoes of the Pacific Ocean, have formed in times past a sixth part of the world as important as Europe or Asia, Africa or the two Americas. My mind does not refuse to admit that all the islands rising from this vast ocean are the mountains of a continent now engulfed, but which formerly rose majestically from these waters.”
“And Lincoln Island may have been a part of this continent?” asked Pencroff. “It is probable,” replied Smith. “And that would explain the diversity of products upon the surface. And the number of animals which still live here,” added Herbert. “Yes, my boy,” answered the engineer, “and that gives me a new argument in support of my theory. It is certain after what we have seen that the animals in the island are numerous, and what is more curious, is that the species are extremely varied. There must be a reason for this, and mine is, that Lincoln Island was formerly a part of some vast continent, which has, little by little, sunk beneath the surface of the Pacific.”
“And who are these masons?” inquired Pencroff. “The coral insects,” answered Smith. “It is these who have built by their constant labor the Island of Clermont Tonnerre, the Atolls and many other coral islands which abound in the Pacific. It takes 47,000,000 of these insects to deposit one particle; and yet with the marine salt which they absorb, and the solid elements of the water which they assimilate, these animalculæ produce limestone, and limestone forms those enormous submarine structures whose hardness and solidity is equal to that of granite. Formerly, during the first epochs of creation, nature employed heat to produce land by upheaval, but now she lets these microscopic insects replace this agent, whose dynamic power at the interior of this globe has evidently diminished. This fact is sufficiently proved by the great number of volcanoes actually extinct on the surface of the earth. I believe that century after century, and infusoria after infusoria will change the Pacific some day into a vast continent, which new generations will, in their turn, inhabit and civilize.”
“Nature has time on her side,” replied the engineer. “But what is the good of new continents?” asked Herbert. “It seems to me that the present extent of habitable countries is enough for mankind. Now, nature does nothing in vain.” “Nothing in vain, indeed,” replied the engineer; “but let us see how we can explain the necessity of new continents in the future, and precisely in these tropical regions occupied by these coral islands. Here is an explanation, which seems to me at least plausible.”
“This is my idea: scientists generally admit that some day the globe must come to an end, or rather the animal and vegetable life will be no longer possible, on account of the intense cold which will prevail. What they cannot agree upon is the cause of this cold. Some think that it will be produced by the cooling of the sun in the course of millions of years; others by the gradual extinction of the internal fires of our own globe, which have a more decided influence than is generally supposed.
If then, the moon is frigid, it is because these internal fires, to which like all the stellar world it owes its origin, are entirely extinct. In short, whatever be the cause, our world will certainly some day cool; but this cooling will take place gradually. What will happen then? Why, the temperate zones, at a time more or less distant, will be no more habitable than are the Polar regions now. Then human, as well as animal life, will be driven to latitudes more directly under the influence of the solar rays. An immense emigration will take place. Europe, Central Asia, and North America will little by little be abandoned, as well as Australasia and the lower parts of South America. Vegetation will follow the human emigration. The flora will move towards the equator at the same time with the fauna, the central parts of South America and Africa will become the inhabited continent. The Laplanders and the Samoyedes will find the climate of the Polar Sea on the banks of the Mediterranean. Who can tell but that at this epoch, the equatorial regions will not be too small to contain and nourish the population of the globe. Now, why should not a provident nature, in order from this time, to provide a refuge for this animal and vegetable emigration, lay the foundation, under the equator, of a new continent, and charge these infusoria with the building of it?
I have often thought of this, my friends, and I seriously believe that, some day, the aspect of our globe will be completely transformed, that after the upheaval of new continents the seas will cover the old ones, and that in future ages some Columbus will discover in the islands of Chimborazo or the Himalaya, or Mount Blanc, all that remains of an America, an Asia, and a Europe. Then at last, these new continents, in their turn, will become uninhabitable. The heat will die out as does the heat from a body whose soul has departed, and life will disappear from the globe, if not forever, at least for a time. Perhaps then our sphere will rest from its changes, and will prepare in death to live again under nobler conditions.
“My dear Cyrus,” said the reporter, “these theories are to me prophesies. Some day they will be accomplished.” “All this is well and good,” said Pencroff, who had listened with all his ears, “but will you tell me, Mr. Smith, if Lincoln Island has been constructed by these infusoria.” “No,” replied Smith, “it is of purely volcanic origin.”
"Probably." “In the meantime,” said Gideon Spilett, “let us settle ourselves as if forever. This ended the conversation. Breakfast was over, the exploration continued, and the party soon arrived at the beginning of the swampy district. It was, indeed, a marsh which extended as far as the rounded side forming the southeastern termination of the island, and measuring twenty square miles. The soil was formed of a silicious clay mixed with decayed vegetation. It was covered by confervæ, rushes, sedges, and here and there by beds of herbage, thick as a velvet carpet. In many places frozen pools glistened under the sun’s rays.
Above the aquatic herbs on the surface of the stagnant waters, a swarm of birds were flying. About 5 o’clock in the afternoon Smith and his companions turned their faces homewards. They crossed Tadorn’s Fens, and re-crossed the Mercy upon the ice, arriving at Granite House at 8 o’clock in the evening. |