Mysterious Island         Shipwrecked in the Air         Abandoned         Secret of the Island          

 

 

   PART II

 

   CHAPTER 23

 

   CHAPTER 24

 

   CHAPTER 25

   CHAPTER 26

 

   CHAPTER 27

 

   CHAPTER 28

 

   CHAPTER 29

 

   CHAPTER 30

 

   CHAPTER 31

 

   CHAPTER 32

 

   CHAPTER 33

 

   CHAPTER 34

 

   CHAPTER 35

 

   CHAPTER 36

 

   CHAPTER 37

 

   CHAPTER 38

 

   CHAPTER 39

 

   CHAPTER 40

 

   CHAPTER 41

 

   CHAPTER 42

 

CHAPITRE 26

Ce fut à six heures du matin que les colons, après un premier déjeuner, se remirent en route, avec l’intention de gagner par le plus court la côte occidentale de l’île. En combien de temps pourraient-ils l’atteindre ? Cyrus Smith avait dit en deux heures, mais cela dépendait évidemment de la nature des obstacles qui se présenteraient. Cette partie du Far-West paraissait serrée de bois, comme eût été un immense taillis composé d’essences extrêmement variées. Il était donc probable qu’il faudrait se frayer une voie à travers les herbes, les broussailles, les lianes, et marcher la hache à la main.

La position exacte du campement avait pu être déterminée par la situation du mont Franklin, et, puisque le volcan se relevait dans le nord à une distance de moins de trois milles, il ne s’agissait que de prendre une direction rectiligne vers le sud-ouest pour atteindre la côte occidentale.

On partit, après avoir soigneusement assuré l’amarrage de la pirogue. Pencroff et Nab emportaient des provisions qui devaient suffire à nourrir la petite troupe pendant deux jours au moins.

Les premiers coups de hache furent donnés dans les broussailles, au milieu de buissons de lentisques, un peu au-dessus de la cascade, et, sa boussole à la main, Cyrus Smith indiqua la route à suivre.

La forêt se composait alors d’arbres dont la plupart avaient été déjà reconnus aux environs du lac et du plateau de Grande-vue. C’étaient des déodars, des douglas, des casuarinas, des gommiers, des eucalyptus, des dragonniers, des hibiscus, des cèdres et autres essences, généralement de taille médiocre, car leur nombre avait nui à leur développement. Les colons ne purent donc avancer que lentement sur cette route qu’ils se frayaient en marchant, et qui, dans la pensée de l’ingénieur, devrait être reliée plus tard à celle du Creek-Rouge.

Depuis leur départ, les colons descendaient les basses rampes qui constituaient le système orographique de l’île, et sur un terrain très sec, mais dont la luxuriante végétation laissait pressentir soit la présence d’un réseau hydrographique à l’intérieur du sol, soit le cours prochain de quelque ruisseau.

Toutefois, Cyrus Smith ne se souvenait pas, lors de son excursion au cratère, d’avoir reconnu d’autre cours d’eau que ceux du Creek-Rouge et de la Mercy.

Pendant les premières heures de l’excursion, on revit des bandes de singes qui semblaient marquer le plus vif étonnement à la vue de ces hommes, dont l’aspect était nouveau pour eux. Gédéon Spilett demandait plaisamment si ces agiles et robustes quadrumanes ne les considéraient pas, ses compagnons et lui, comme des frères dégénérés ! Et franchement, de simples piétons, à chaque pas gênés par les broussailles, empêchés par les lianes, barrés par les troncs d’arbres, ne brillaient pas auprès de ces souples animaux, qui bondissaient de branche en branche et que rien n’arrêtait dans leur marche. Ces singes étaient nombreux, mais, très heureusement, ils ne manifestèrent aucune disposition hostile.

On vit aussi quelques sangliers, des agoutis, des kangourous et autres rongeurs, et deux ou trois koulas.

À neuf heures et demie du matin, la route, qui portait directement dans le sud-ouest, se trouva tout à coup barrée par un cours d’eau inconnu, large de trente à quarante pieds, et dont le courant vif, provoqué par la pente de son lit et brisé par des roches nombreuses, se précipitait avec de rudes grondements. Ce creek était profond et clair, mais il eût été absolument innavigable.

« Nous voilà coupés ! s’écria Nab.

– Non, répondit Harbert, ce n’est qu’un ruisseau, et nous saurons bien le passer à la nage.

– À quoi bon, répondit Cyrus Smith. Il est évident que ce creek court à la mer. Restons sur sa rive gauche, suivons sa berge, et je serai bien étonné s’il ne nous mène pas très promptement à la côte. En route !

– Un instant, dit le reporter. Et le nom de ce creek, mes amis ? Ne laissons pas notre géographie incomplète.

– Juste ! dit Pencroff.

– Nomme-le, mon enfant, dit l’ingénieur en s’adressant au jeune garçon.

– Ne vaut-il pas mieux attendre que nous l’ayons reconnu jusqu’à son embouchure ? fit observer Harbert.

– Soit, répondit Cyrus Smith. Suivons-le donc sans nous arrêter.

– Un instant encore ! dit Pencroff.

– Nous n’avons pas de temps à perdre, répondit l’ingénieur.

– Oh ! cinq minutes ! répliqua Pencroff. Je ne vous demande que cinq minutes dans l’intérêt de notre déjeuner ! » Et Pencroff, se couchant sur la berge, plongea ses bras dans les eaux vives et fit bientôt sauter quelques douzaines de belles écrevisses qui fourmillaient entre les roches.

Cependant, en considérant ce rapide courant qui fuyait vers la mer, Cyrus Smith fut amené à supposer que ses compagnons et lui étaient beaucoup plus loin de la côte occidentale qu’ils ne le croyaient. Et, en effet, à cette heure, la marée montait sur le littoral et aurait dû rebrousser le cours du creek, si son embouchure n’eût été qu’à quelques milles seulement. Or, cet effet ne se produisait pas, et le fil de l’eau suivait la pente naturelle du lit. L’ingénieur dut donc être très étonné, et il consulta fréquemment sa boussole, afin de s’assurer que quelque crochet de la rivière ne le ramenait pas à l’intérieur du Far-West.

Cependant, le creek s’élargissait peu à peu, et ses eaux devenaient moins tumultueuses. Les arbres de sa rive droite étaient aussi pressés que ceux de sa rive gauche, et il était impossible à la vue de s’étendre au delà ; mais ces masses boisées étaient certainement désertes.

À dix heures et demie, à la grande surprise de Cyrus Smith, Harbert, qui s’était porté un peu en avant, s’arrêtait soudain et s’écriait : « La mer ! »

Et quelques instants après, les colons, arrêtés sur la lisière de la forêt, voyaient le rivage occidental de l’île se développer sous leurs yeux.

Mais quel contraste entre cette côte et la côte est, sur laquelle le hasard les avait d’abord jetés ! Plus de muraille de granit, aucun écueil au large, pas même une grève de sable. La forêt formait le littoral, et ses derniers arbres, battus par les lames, se penchaient sur les eaux. Ce n’était point un littoral, tel que le fait habituellement la nature, soit en étendant de vastes tapis de sable, soit en groupant des roches, mais une admirable lisière faite des plus beaux arbres du monde. La berge était surélevée de manière à dominer le niveau des plus grandes mers, et sur tout ce sol luxuriant, supporté par une base de granit, les splendides essences forestières semblaient être aussi solidement implantées que celles qui se massaient à l’intérieur de l’île.

Les colons se trouvaient alors à l’échancrure d’une petite crique sans importance, qui n’eût même pas pu contenir deux ou trois barques de pêche, et qui servait de goulot au nouveau creek ; mais, disposition curieuse, ses eaux, au lieu de se jeter à la mer par une embouchure à pente douce, tombaient d’une hauteur de plus de quarante pieds, – ce qui expliquait pourquoi, à l’heure où le flot montait, il ne s’était point fait sentir en amont du creek. En effet, les marées du Pacifique, même à leur maximum d’élévation, ne devaient jamais atteindre le niveau de la rivière, dont le lit formait un bief supérieur, et des millions d’années, sans doute, s’écouleraient encore avant que les eaux eussent rongé ce radier de granit et creusé une embouchure praticable. Aussi, d’un commun accord, donna-t-on à ce cours d’eau le nom de « rivière de la chute. »

Au delà, vers le nord, la lisière, formée par la forêt, se prolongeait sur un espace de deux milles environ ; puis les arbres se raréfiaient, et, au delà, des hauteurs très pittoresques se dessinaient suivant une ligne presque droite, qui courait nord et sud.

Au contraire, dans toute la portion du littoral comprise entre la rivière de la chute et le promontoire du Reptile, ce n’était que masses boisées, arbres magnifiques, les uns droits, les autres penchés, dont la longue ondulation de la mer venait baigner les racines. Or, c’était vers ce côté, c’est-à-dire sur toute la presqu’île Serpentine, que l’exploration devait être continuée, car cette partie du littoral offrait des refuges que l’autre, aride et sauvage, eût évidemment refusés à des naufragés, quels qu’ils fussent.

Le temps était beau et clair, et du haut d’une falaise, sur laquelle Nab et Pencroff disposèrent le déjeuner, le regard pouvait s’étendre au loin.

L’horizon était parfaitement net, et il n’y avait pas une voile au large. Sur tout le littoral, aussi loin que la vue pouvait atteindre, pas un bâtiment, pas même une épave. Mais l’ingénieur ne se croirait bien fixé à cet égard que lorsqu’il aurait exploré la côte jusqu’à l’extrémité même de la presqu’île Serpentine.

Le déjeuner fut expédié rapidement, et, à onze heures et demie, Cyrus Smith donna le signal du départ. Au lieu de parcourir, soit l’arête d’une falaise, soit une grève de sable, les colons durent suivre le couvert des arbres, de manière à longer le littoral.

La distance qui séparait l’embouchure de la rivière de la chute du promontoire du Reptile était de douze milles environ. En quatre heures, sur une grève praticable, et sans se presser, les colons auraient pu franchir cette distance ; mais il leur fallut le double de ce temps pour atteindre leur but, car les arbres à tourner, les broussailles à couper, les lianes à rompre, les arrêtaient sans cesse, et des détours si multipliés allongeaient singulièrement leur route.

Il était déjà cinq heures, et l’extrémité de la presqu’île Serpentine se trouvait encore à deux milles de l’endroit alors occupé par les colons. Il était évident qu’après avoir atteint le promontoire du Reptile.

Pencroff et Harbert se hâtèrent aussitôt de chercher un endroit propice pour y établir un campement. Les derniers arbres de la forêt du Far-West venaient mourir à cette pointe, et, parmi eux, le jeune garçon reconnut d’épais bouquets de bambous.

« Bon ! dit-il, voilà une précieuse découverte.

– Précieuse ? répondit Pencroff.

– Sans doute, reprit Harbert. Je ne te dirai point, Pencroff, que l’écorce de bambou, découpée en latte flexible, sert à faire des paniers ou des corbeilles ; que cette écorce, réduite en pâte et macérée, sert à la fabrication du papier de Chine ; que les tiges fournissent, suivant leur grosseur, des cannes, des tuyaux de pipe, des conduites pour les eaux ; que les grands bambous forment d’excellents matériaux de construction, légers et solides, et qui ne sont jamais attaqués par les insectes. Je n’ajouterai même pas qu’en sciant les entre-nœuds de bambous et en conservant pour le fond une portion de la cloison transversale qui forme le nœud, on obtient ainsi des vases solides et commodes qui sont fort en usage chez les chinois ! Non ! Cela ne te satisferait point. Mais…

– Mais ?…

– Mais je t’apprendrai, si tu l’ignores, que, dans l’Inde, on mange ces bambous en guise d’asperges.

– Des asperges de trente pieds ! s’écria le marin. Et elles sont bonnes ?

– Excellentes, répondit Harbert. Seulement, ce ne sont point des tiges de trente pieds que l’on mange, mais bien de jeunes pousses de bambous.

– Parfait, mon garçon, parfait ! répondit Pencroff.

– J’ajouterai aussi que la moelle des tiges nouvelles, confite dans du vinaigre, forme un condiment très apprécié.

– De mieux en mieux, Harbert.

– Et enfin que ces bambous exsudent entre leurs nœuds une liqueur sucrée, dont on peut faire une très agréable boisson.

Harbert et le marin n’eurent pas à chercher longtemps un emplacement favorable pour passer la nuit. Les rochers du rivage – très divisés, car ils devaient être violemment battus par la mer sous l’influence des vents du sud-ouest – présentaient des cavités qui devaient leur permettre de dormir à l’abri des intempéries de l’air. Mais, au moment où ils se disposaient à pénétrer dans une de ces excavations, de formidables rugissements les arrêtèrent.

« En arrière ! s’écria Pencroff. Nous n’avons que du petit plomb dans nos fusils, et des bêtes qui rugissent si bien s’en soucieraient comme d’un grain de sel ! »

Et le marin, saisissant Harbert par le bras, l’entraîna à l’abri des roches, au moment où un magnifique animal se montrait à l’entrée de la caverne.

Son pelage fauve était relevé par plusieurs rangées de taches noires régulièrement ocellées et tranchait avec le poil blanc de son ventre.

Le jaguar s’avança et regarda autour de lui, le poil hérissé, l’œil en feu, comme s’il n’eût pas senti l’homme pour la première fois. En ce moment, le reporter tournait les hautes roches, et Harbert, s’imaginant qu’il n’avait pas aperçu le jaguar, allait s’élancer vers lui ; mais Gédéon Spilett lui fit un signe de la main et continua de marcher. Il n’en était pas à son premier tigre.

S’avançant jusqu’à dix pas de l’animal, il demeura immobile, la carabine à l’épaule, sans qu’un de ses muscles tressaillît.

Le jaguar, ramassé sur lui-même, fondit sur le chasseur, mais, au moment où il bondissait, une balle le frappait entre les deux yeux, et il tombait mort.

Harbert et Pencroff se précipitèrent vers le jaguar. Nab et Cyrus Smith accoururent de leur côté, et ils restèrent quelques instants à contempler l’animal, étendu sur le sol.

« Ah ! Monsieur Spilett ! Que je vous admire et que je vous envie ! s’écria Harbert dans un accès d’enthousiasme bien naturel.

– Bon ! mon garçon, répondit le reporter, tu en aurais fait autant.

– Moi ! un pareil sang-froid ! …

– Figure-toi, Harbert, qu’un jaguar est un lièvre, et tu le tireras le plus tranquillement du monde.

– Et maintenant, dit Gédéon Spilett, puisque ce jaguar a quitté son repaire, je ne vois pas, mes amis, pourquoi nous ne l’occuperions pas pendant la nuit ?

– Mais d’autres peuvent revenir ! dit Pencroff.

– Il suffira d’allumer un feu à l’entrée de la caverne, dit le reporter, et ils ne se hasarderont pas à en franchir le seuil.


– À la maison des jaguars, alors ! » répondit le marin en tirant après lui le cadavre de l’animal.

Les colons se dirigèrent vers le repaire abandonné, et là, tandis que Nab dépouillait le jaguar, ses compagnons entassèrent sur le seuil une grande quantité de bois sec, que la forêt fournissait abondamment.

Cela fait, on s’installa dans la grotte, dont le sable était jonché d’ossements ; les armes furent chargées à tout hasard, pour le cas d’une agression subite ; on soupa, et puis, le moment de prendre du repos étant venu, le feu fut mis au tas de bois empilé a l’entrée de la caverne.

Aussitôt, une véritable pétarade d’éclater dans l’air ! C’étaient les bambous, atteints par la flamme, qui détonaient comme des pièces d’artifice !

Rien que ce fracas eût suffi à épouvanter les fauves les plus audacieux !

CHAPTER 26

It was 6 o’clock when the colonists, after an early breakfast, started with the intention of reaching the coast by the shortest route. Cyrus Smith had estimated that it would take them two hours, but it must depend largely on the nature of the obstacles in the way. This part of the Far West was covered with trees, like an immense thicket composed of many different species. It was, therefore, probable that they would have to make a way with hatchets in hand.

 

The exact position of the camp had been determined by the situation of Mount Franklin, and since the volcano rose less than three miles to the north, it was only necessary to go directly toward the southwest to reach the west coast.


After having seen to the mooring of the canoe, the party started, Neb and Pencroff carrying sufficient provisions to last the little troop for two days at least.


The first blows of the hatchet were given in the bushes just above the cascade, while Cyrus Smith, compass in hand, indicated the route.


The forest was, for the most part, composed of such trees as had already been recognized about the lake and on Prospect Plateau. The colonists could advance but slowly, and the engineer believed that in time their route would join with that of Red Creek.

 

 

 

Since their departure, the party had descended the low declivities which constituted the orography of the island, over a very dry district, although the luxuriant vegetation suggested either a hydrographic network permeating the ground beneath, or the proximity to some stream

 Nevertheless, Cyrus Smith did not remember having seen, during the excursion to the crater, any other water courses than Bed Creek and the Mercy.

During the first few hours of the march, they saw troops of monkeys, who manifested the greatest astonishment at the sight of human beings. Spilett laughingly asked if these robust quadrumanes did not look upon their party as degenerate brethren; and, in truth, the simple pedestrians, impeded at each step by the bushes, entangled in the lianas, stopped by tree trunks, did not compare favorably with these nimble animals, which bounded from branch to branch, moving about without hindrance. These monkeys were very numerous, but, fortunately, they did not manifest any hostile disposition.

 

They saw, also, some wild-boars, some agoutis, kangaroos, and other rodents, and two or three koulas.

At half-past 9, the route, which bore directly southwest, was suddenly interrupted by a rapid stream, rushing over rocks, and pent in between banks but thirty or forty feet apart. It was deep and clear, but absolutely unnavigable.

 

 

“We are stopped!” cried Neb.

“No,” replied Herbert; “we can swim such a brook as this.”


“Why should we do that?” answered Cyrus Smith. “It is certain that this creek empties into the sea. Let us keep to this bank and I will be astonished if it does not soon bring us to the coast. Come on!”

“One minute,” said the reporter. “The name of this creek, my friends? We must not leave our geography incomplete.”

“True enough,” said Pencroff.

“You name it, my boy,” said the engineer, addressing Herbert.


“Will not it be better to wait till we have discovered its mouth?” asked Herbert.

“Right,” replied Smith, “let us push on.”


“Another minute,” exclaimed Pencroff.

“We haven’t the time to waste,” answered the engineer.

“But just five minutes,” pleaded Pencroff; “I only want five minutes for the sake of breakfast!” And lying down on the bank he plunged his arms in the running waters and soon brought up several dozen of the fine crawfish which swarmed between the rocks.

Cyrus Smith and his companions judged, from the fact that the current rushed towards the sea with such rapidity, that they must be much farther from, the coast than they imagined, because at this time the tide was rising, and its’ effect would have been visible near the mouth of the creek. The engineer was greatly astonished, and often consulted his compass to be sure that the stream, was not returning towards the depths of the forest.

 


Meantime, its waters, gradually widening, became less tumultuous. The growth of trees on the right bank was much denser than on the left, and it was impossible to see through this thicket; but these woods were certainly not inhabited.


At half-past 10, to the extreme surprise of Cyrus Smith, Herbert, who was walking some paces ahead, suddenly stopped, exclaiming, “The sea!”

And a few minutes later the colonists, standing upon the border of the forest, saw the western coast of the island spread before them.

But what a contrast was this coast to the one on which chance had thrown them! No granite wall, no reef in the offing, not even a beach. The forest formed the shore, and its furthermost trees, washed by the waves, leaned over the waters. It was in no sense such a beach as is usually met with, composed of vast reaches of sand or heaps of rocks, but a fine border of beautiful trees. The bank was raised above the highest tides, and upon this rich soil, supported by a granite base, the splendid monarchs of the forest seemed to be as firmly set as were those which stood in the interior of the island.




The colonists stood in a hollow by a tiny rivulet, which served as a neck to the other stream; but, curiously enough, these waters, instead of emptying into the sea by a gently sloping opening, fell from a height of more than forty feet—which fact explained why the rising tide did not affect the current. And, on this account, they were unanimous in giving this water-course the name of Fall River.








Beyond, towards the north, the forest shore extended for two miles; then the trees became thinner, and, still further on, a line of picturesque heights extended from north to south.

 


On the other hand, all that part of the coast comprised between Fall River and the promontory of Reptile End was bordered by masses of magnificent trees, some upright and others leaning over the sea, whose waves lapped their roots. It was evidently, therefore, on this part of the coast that the exploration must be continued, as this shore offered to the castaways, whoever they might be, a refuge, which the other, desert and savage, had refused.


The weather was beautiful, and from the cliff where the breakfast had been prepared, the view extended far and wide.


The horizon was perfectly distinct, without a sail in sight, and upon the coast, as far as could be seen, there was neither boat nor wreck, but the engineer was not willing to be satisfied in this respect, until they had explored the whole distance as far as Serpentine Peninsula.

After a hurried breakfast he gave the signal to start. Instead of traversing a beach, the colonists followed along the coast, under the trees.

 

The distance to Reptile End was about twelve miles, and, had the way been clear, they could have accomplished it in four hours, but the party were constantly obliged to turn out from the way, or to cut branches, or to break through thickets, and these hindrances multiplied as they proceeded.




At 5 o’clock the extremity of the peninsula was still two miles distant, and it was evident that the colonists would have to camp for the night on the promontory of Reptile End.


Pencroff and Herbert hastened to find a suitable place for a camp. The outskirts of the forest died away here, and near them the lad found a bamboo thicket.



“Good,” said he, “this is a valuable discovery.”

“Valuable?” asked Pencroff.

“Yes, indeed, I need not tell you, Pencroff, all its uses, such as for making baskets, paper, and water-pipes; that the larger ones make excellent building material and strong jars. But—”

 

 

 

 

 

 

“But?”

“But perhaps you do not know that in India they eat bamboo as we do asparagus.”

“Asparagus thirty feet high?” cried, Pencroff. “And is it good?”

“Excellent,” answered the lad. “But they eat only the young sprouts.”


“Delicious!” cried Pencroff.

“And I am sure that the pith of young plants preserved in vinegar makes an excellent condiment.”

“Better and better.”

“And, lastly, they exude a sweet liquor which makes a pleasant drink.”

They did not have to search far for a good place for the camp. The rocks, much worn by the action of the sea, had many hollows that would afford shelter from the wind. But just as they were about to enter one of these cavities they were arrested by formidable growling.


 

“Get back!” cried Pencroff, “we have only small shot in our guns, and these beasts would mind it no more than salt!”


And the sailor, seizing Herbert, dragged him behind some rocks, just as a huge jaguar appeared at the mouth of the cavern.

Its skin was yellow, striped with black, and softened off with white under its belly.


The beast advanced, and looked about. Its hair was bristling, and its eyes sparkling as if it was not scenting man for the first time. Just then Spilett appeared, coming round the high rocks, and Herbert, thinking he had not seen the jaguar, was about rushing towards him, when the reporter, motioning with his hand, continued his approach. It was not his first tiger.


Advancing within ten paces of the animal, he rested motionless, his gun at his shoulder, not a muscle quivering.

The jaguar, crouching back, made a bound towards the hunter, but as it sprung a bullet struck it between the eyes, dropping it dead.

Herbert and Pencroff rushed to it. Cyrus Smith and Neb coming up at the moment, all stopped to look at the splendid animal lying at length upon the sand.

“Oh, Mr. Spilett, how I envy you!” cried Herbert, in an excess of natural enthusiasm.


“Well, my boy, you would have done as well,” answered the reporter.

“I have been as cool as that!”

“Only imagine, Herbert, that a jaguar is a hare, and you will shoot him as unconcernedly as anything in the world!

And now,” continued the reporter, “since the jaguar has left his retreat I don’t see, my friends, why we should not occupy the place during the night”

“But some others may return!” said Pencroff.

“We will only have to light a fire at the entrance of the cavern,” said the reporter, “and they will not dare to cross the threshold.”

“To the jaguar house, then,” cried the sailor, dragging the body of the animal after him.

The colonists went to the abandoned cave, and, while Neb was occupied in skinning the carcass, the others busied themselves with piling a great quantity of dry wood around the threshold.

This done they installed themselves in the cave, whose floor was strewn with bones; the arms were loaded for an emergency; and, having eaten supper, as soon as the time for sleep was come, the fire at the entrance was lit.

Immediately a tremendous fusillade ensued! It was the bamboo which, in burning, exploded like fire-works!

 

 The noise, in itself, would have been sufficient to frighten off the bravest beasts.