Mysterious Island         Shipwrecked in the Air         Abandoned         Secret of the Island          

 

 

   PART III

 

   CHAPTER 43

 

   CHAPTER 44

 

   CHAPTER 45

 

   CHAPTER 46

   CHAPTER 47

 

   CHAPTER 48

 

   CHAPTER 49

 

   CHAPTER 50

 

   CHAPTER 51

 

   CHAPTER 52

 

   CHAPTER 53

 

   CHAPTER 54

 

   CHAPTER 55

 

   CHAPTER 56

 

   CHAPTER 57

 

   CHAPTER 58

 

   CHAPTER 59

 

   CHAPTER 60

 

   CHAPTER 61

 

   CHAPTER 62

 

CHAPITRE 47

Ainsi donc, tout s’expliquait par l’explosion sous-marine de cette torpille. Cyrus Smith, qui pendant la guerre de l’union avait eu l’occasion d’expérimenter ces terribles engins de destruction, ne pouvait s’y tromper. C’est sous l’action de ce cylindre, chargé d’une substance explosive, nitroglycérine, picrate ou autre matière de même nature, que l’eau du canal s’était soulevée comme une trombe, que le brick, foudroyé dans ses fonds, avait coulé instantanément, et c’est pourquoi il avait été impossible de le renflouer, tant les dégâts subis par sa coque avaient été considérables. À une torpille qui eût détruit une frégate cuirassée aussi facilement qu’une simple barque de pêche, le Speed n’avait pu résister ! Oui ! Tout s’expliquait, tout… excepté la présence de cette torpille dans les eaux du canal !

« Mes amis, reprit alors Cyrus Smith, nous ne pouvons plus mettre en doute la présence d’un être mystérieux, d’un naufragé comme nous peut-être, abandonné sur notre île, et je le dis, afin qu’Ayrton soit au courant de ce qui s’est passé d’étrange depuis deux ans. Quel est ce bienfaisant inconnu dont l’intervention, si heureuse pour nous, s’est manifestée en maintes circonstances ? Je ne puis l’imaginer. Quel intérêt a-t-il à agir ainsi, à se cacher après tant de services rendus ? Je ne puis le comprendre. Mais ses services n’en sont pas moins réels, et de ceux que, seul, un homme disposant d’une puissance prodigieuse pouvait nous rendre.

Ayrton est son obligé comme nous, car si c’est l’inconnu qui m’a sauvé des flots après la chute du ballon, c’est évidemment lui qui a écrit le document, qui a mis cette bouteille sur la route du canal et qui nous a fait connaître la situation de notre compagnon.

J’ajouterai que cette caisse, si convenablement pourvue de tout ce qui nous manquait, c’est lui qui l’a conduite et échouée à la pointe de l’épave ; que ce feu placé sur les hauteurs de l’île et qui vous a permis d’y atterrir, c’est lui qui l’a allumé ; que ce grain de plomb trouvé dans le corps du pécari, c’est lui qui l’a tiré ; que cette torpille qui a détruit le brick, c’est lui qui l’a immergée dans le canal ; en un mot, que tout ces faits inexplicables, dont nous ne pouvions nous rendre compte, c’est à cet être mystérieux qu’ils sont dus.

Donc, quel qu’il soit, naufragé ou exilé sur cette île, nous serions ingrats, si nous nous croyions dégagés de toute reconnaissance envers lui. Nous avons contracté une dette, et j’ai l’espoir que nous la payerons un jour.

– Vous avez raison de parler ainsi, mon cher Cyrus, répondit Gédéon Spilett. Oui, il y a un être, presque tout-puissant, caché dans quelque partie de l’île, et dont l’influence a été singulièrement utile pour notre colonie. J’ajouterai que cet inconnu me paraît disposer de moyens d’action qui tiendraient du surnaturel, si dans les faits de la vie pratique le surnaturel était acceptable. Est-ce lui qui se met en communication secrète avec nous par le puits de Granite-House, et a-t-il ainsi connaissance de tous nos projets ? Est-ce lui qui nous a tendu cette bouteille, quand la pirogue a fait sa première excursion en mer ? Est-ce lui qui a rejeté Top des eaux du lac et donné la mort au dugong ? Est-ce lui, comme tout porte à le croire, qui vous a sauvé des flots, Cyrus, et cela dans des circonstances où tout autre qui n’eût été qu’un homme n’aurait pu agir ? Si c’est lui, il possède donc une puissance qui le rend maître des éléments. »

« Oui, répondit Cyrus Smith, si l’intervention d’un être humain n’est plus douteuse pour nous, je conviens qu’il a à sa disposition des moyens d’action en dehors de ceux dont l’humanité dispose. Là est encore un mystère, mais si nous découvrons l’homme, le mystère se découvrira aussi. La question est donc celle-ci : devons-nous respecter l’incognito de cet être généreux ou devons-nous tout faire pour arriver jusqu’à lui ? Quelle est votre opinion à cet égard ?

– Mon maître, dit alors Nab, j’ai l’idée que nous pouvons chercher tant que nous voudrons le monsieur dont il s’agit, mais que nous ne le découvrirons que quand il lui plaira.

– Ce n’est pas bête, ce que tu dis là, Nab, répondit Pencroff.

– Je suis de l’avis de Nab, répondit Gédéon Spilett, mais ce n’est pas une raison pour ne point tenter l’aventure. Que nous trouvions ou que nous ne trouvions pas cet être mystérieux, nous aurons, au moins, rempli notre devoir envers lui.

– Et toi, mon enfant, donne-nous ton avis, dit l’ingénieur en se retournant vers Harbert.

– Ah ! s’écria Harbert, dont le regard s’animait, je voudrais le remercier, celui qui vous a sauvé d’abord et qui nous a sauvés ensuite !

– Pas dégoûté, mon garçon, riposta Pencroff, et moi aussi, et nous tous ! Je ne suis pas curieux, mais je donnerais bien un de mes yeux pour voir face à face ce particulier-là !

– Et vous, Ayrton ? demanda l’ingénieur.

– Monsieur Smith, répondit Ayrton, je ne puis guère vous donner mon avis en cette circonstance. Ce que vous ferez sera bien fait. Quand vous voudrez m’associer à vos recherches, je serai prêt à vous suivre.

– Je vous remercie, Ayrton, reprit Cyrus Smith, mais je voudrais une réponse plus directe à la demande que je vous ai faite. Vous êtes notre compagnon ; vous vous êtes déjà plusieurs fois dévoué pour nous, et, comme tous ici, vous devez être consulté quand il s’agit de prendre quelque décision importante. Parlez donc.

– Monsieur Smith, répondit Ayrton, je pense que nous devons tout faire pour retrouver ce bienfaiteur inconnu. Peut-être est-il seul ? Peut-être souffre-t-il ? Peut-être est-ce une existence à renouveler ? Moi aussi, vous l’avez dit, j’ai une dette de reconnaissance à lui payer. C’est lui, ce ne peut être que lui qui soit venu à l’île Tabor, qui y ait trouvé le misérable que vous avez connu, qui vous ait fait savoir qu’il y avait là un malheureux à sauver !… c’est donc grâce à lui que je suis redevenu un homme. Non, je ne l’oublierai jamais !

– C’est décidé, dit alors Cyrus Smith. Nous commencerons nos recherches le plus tôt possible. Nous ne laisserons pas une partie de l’île inexplorée. Nous la fouillerons jusque dans ses plus secrètes retraites, et que cet ami inconnu nous le pardonne en faveur de notre intention ! »

Pendant quelques jours, les colons s’employèrent activement aux travaux de la fenaison et de la moisson. Avant de mettre à exécution leur projet d’explorer les parties encore inconnues de l’île, ils voulaient que toute indispensable besogne fût achevée. C’était aussi l’époque à laquelle se récoltaient les divers légumes provenant des plants de l’île Tabor. Tout était donc à emmagasiner, et, heureusement, la place ne manquait pas à Granite-House, où l’on aurait pu engranger toutes les richesses de l’île. Les produits de la colonie étaient là, méthodiquement rangés, et en lieu sûr, on peut le croire, autant à l’abri des bêtes que des hommes. Nulle humidité n’était à craindre au milieu de cet épais massif de granit.

Plusieurs des excavations naturelles situées dans le couloir supérieur furent agrandies ou évidées, soit au pic, soit à la mine, et Granite-House devint aussi un entrepôt général renfermant les approvisionnements, les munitions, les outils et ustensiles de rechange, en un mot tout le matériel de la colonie.

Quant aux canons provenant du brick, c’étaient de jolies pièces en acier fondu qui, sur les instances de Pencroff, furent hissés au moyen de caliornes et de grues jusqu’au palier même de Granite-House ; des embrasures furent ménagées entre les fenêtres, et on put bientôt les voir allonger leur gueule luisante à travers la paroi granitique. De cette hauteur, ces bouches à feu commandaient véritablement toute la baie de l’union. C’était comme un petit Gibraltar, et tout navire qui se fût embossé au large de l’îlot eût été inévitablement exposé au feu de cette batterie aérienne.

« Monsieur Cyrus, dit un jour Pencroff, – c’était le 8 novembre, – à présent que cet armement est terminé, il faut pourtant bien que nous essayions la portée de nos pièces.

– Croyez-vous que cela soit utile ? répondit l’ingénieur.

– C’est plus qu’utile, c’est nécessaire ! Sans cela, comment connaître la distance à laquelle nous pouvons envoyer un de ces jolis boulets dont nous sommes approvisionnés ?

– Essayons donc, Pencroff, répondit l’ingénieur. Toutefois, je pense que nous devons faire l’expérience en employant non la poudre ordinaire, dont je tiens à laisser l’approvisionnement intact, mais le pyroxile, qui ne nous manquera jamais.

– Ces canons-là pourront-ils supporter la déflagration du pyroxile ? demanda le reporter, qui n’était pas moins désireux que Pencroff d’essayer l’artillerie de Granite-House.

– Je le crois. D’ailleurs, ajouta l’ingénieur, nous agirons prudemment. »

L’ingénieur avait lieu de penser que ces canons étaient de fabrication excellente, et il s’y connaissait. Faits en acier forgé, et se chargeant par la culasse, ils devaient, par là même, pouvoir supporter une charge considérable, et par conséquent avoir une portée énorme. En effet, au point de vue de l’effet utile, la trajectoire décrite par le boulet doit être aussi tendue que possible, et cette tension ne peut s’obtenir qu’à la condition que le projectile soit animé d’une très grande vitesse initiale.

« Or, dit Cyrus Smith à ses compagnons, la vitesse initiale est en raison de la quantité de poudre utilisée. Toute la question se réduit, dans la fabrication des pièces, à l’emploi d’un métal aussi résistant que possible, et l’acier est incontestablement celui de tous les métaux qui résiste le mieux. J’ai donc lieu de penser que nos canons supporteront sans risque l’expansion des gaz du pyroxile et donneront des résultats excellents.

Il va sans dire que les quatre canons étaient en parfait état. Depuis qu’ils avaient été retirés de l’eau, le marin s’était donné la tâche de les astiquer consciencieusement. Que d’heures il avait passées à les frotter, à les graisser, à les polir, à nettoyer le mécanisme de l’obturateur, le verrou, la vis de pression ! Et maintenant ces pièces étaient aussi brillantes que si elles eussent été à bord d’une frégate de la marine des États-Unis.

Ce jour-là donc, en présence de tout le personnel de la colonie, maître Jup et Top compris, les quatre canons furent successivement essayés. On les chargea avec du pyroxile, en tenant compte de sa puissance explosive, qui, on l’a dit, est quadruple de celle de la poudre ordinaire ; le projectile qu’ils devaient lancer était cylindro-conique.

Pencroff, tenant la corde de l’étoupille, était prêt à faire feu. Sur un signe de Cyrus Smith, le coup partit. Le boulet, dirigé sur la mer, passa au-dessus de l’îlot et alla se perdre au large, à une distance qu’on ne put d’ailleurs apprécier avec exactitude.

Le second canon fut braqué sur les extrêmes roches de la pointe de l’épave, et le projectile, frappant une pierre aiguë à près de trois milles de Granite-House, la fit voler en éclats. C’était Harbert qui avait braqué le canon et qui l’avait tiré, et il fut tout fier de son coup d’essai. Il n’y eut que Pencroff à en être plus fier que lui ! Un coup pareil, dont l’honneur revenait à son cher enfant !

Le troisième projectile, lancé, cette fois, sur les dunes qui formaient la côte supérieure de la baie de l’union, frappa le sable à une distance d’au moins quatre milles ; puis, après avoir ricoché, il se perdit en mer dans un nuage d’écume.

Pour la quatrième pièce, Cyrus Smith força un peu la charge, afin d’en essayer l’extrême portée. Puis, chacun s’étant mis à l’écart pour le cas où elle aurait éclaté, l’étoupille fut enflammée au moyen d’une longue corde. Une violente détonation se fit entendre, mais la pièce avait résisté, et les colons, s’étant précipités à la fenêtre, purent voir le projectile écorner les roches du cap mandibule, à près de cinq milles de Granite-House, et disparaître dans le golfe du requin.

« Eh bien, Monsieur Cyrus, s’écria Pencroff, dont les hurrahs auraient pu rivaliser avec les détonations produites, qu’est-ce que vous dites de notre batterie ? Tous les pirates du Pacifique n’ont qu’à se présenter devant Granite-House ! Pas un n’y débarquera maintenant sans notre permission !

– Si vous m’en croyez, Pencroff, répondit l’ingénieur, mieux vaut n’en pas faire l’expérience.

– À propos, reprit le marin, et les six coquins qui rôdent dans l’île, qu’est-ce que nous en ferons ? Est-ce que nous les laisserons courir nos forêts, nos champs, nos prairies ? Ce sont de vrais jaguars, ces pirates-là, et il me semble que nous ne devons pas hésiter à les traiter comme tels ? Qu’en pensez-vous, Ayrton ? » ajouta Pencroff en se retournant vers son compagnon.

Ayrton hésita d’abord à répondre, et Cyrus Smith regretta que Pencroff lui eût un peu étourdiment posé cette question. Aussi fut-il fort ému, quand Ayrton répondit d’une voix humble :

« J’ai été un de ces jaguars, Monsieur Pencroff, et je n’ai pas le droit de parler… »

Et d’un pas lent il s’éloigna. Pencroff avait compris.


« Satanée bête que je suis ! s’écria-t-il. Pauvre Ayrton ! Il a pourtant droit de parler ici autant que qui que ce soit !…

– Et avant de les poursuivre sans merci, vous n’attendriez pas qu’ils eussent de nouveau fait acte d’hostilité contre nous ?

– Ce qu’ils ont fait ne suffit donc pas ? demanda Pencroff, qui ne comprenait rien à ces hésitations.

– Ils peuvent revenir à d’autres sentiments ! dit Cyrus Smith, et peut-être se repentir…

– Se repentir, eux ! s’écria le marin en levant les épaules.

– Pencroff, pense à Ayrton ! dit alors Harbert, en prenant la main du marin. Il est redevenu un honnête homme ! »

Pencroff regarda ses compagnons les uns après les autres. Il n’aurait jamais cru que sa proposition dût soulever une hésitation quelconque. Sa rude nature ne pouvait pas admettre que l’on transigeât avec les coquins qui avaient débarqué sur l’île, avec des complices de Bob Harvey

« Tiens ! fit-il. J’ai tout le monde contre moi ! Vous voulez faire de la générosité avec ces gueux-là ! Soit. Puissions-nous ne pas nous en repentir !

– Quel danger courons-nous, dit Harbert, si nous avons soin de nous tenir sur nos gardes ?

– Hum ! fit le reporter, qui ne se prononçait pas trop. Ils sont six et bien armés. Que chacun d’eux s’embusque dans un coin et tire sur l’un de nous, ils seront bientôt maîtres de la colonie !

– Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? répondit Harbert. Sans doute parce que leur intérêt n’était pas de le faire. D’ailleurs, nous sommes six aussi.


– Bon ! Bon ! répondit Pencroff, qu’aucun raisonnement n’eût pu convaincre. Laissons ces braves gens vaquer à leurs petites occupations, et ne songeons plus à eux !

– Pencroff, dit alors l’ingénieur, vous avez souvent témoigné beaucoup de déférence à mes avis. Voulez-vous, dans cette circonstance, vous en rapporter encore à moi ?

– Je ferai comme il vous plaira, Monsieur Smith, répondit le marin.

– Eh bien, attendons, et n’attaquons que si nous sommes attaqués. »

CHAPTER 47

Thus, then, everything was explained by the submarine action of this torpedo. Cyrus Smith had had some experience during the civil war of these terrible engines of destruction, and was not likely to be mistaken. This cylinder, charged with nitro-glycerin, had been the cause of the column of water rising in the air, of the sinking of the brigantine, and of the shattered condition of her hull. Everything was accounted for, except the presence of this torpedo in the waters of the channel!







“My friends,” resumed Cyrus Smith, “we can no longer doubt the existence of some mysterious being, perhaps a castaway like ourselves, inhabiting our island. I say this that Ayrton may be informed of all the strange events which have happened for two years. Who our unknown benefactor may be, I cannot say, nor why he should hide himself after rendering us so many services; but his services are not the less real, and such as only a man could render who wielded some prodigious power.



Ayrton is his debtor as well; as he saved me from drowning after the fall of the balloon, so he wrote the document, set the bottle afloat in the channel, and gave us information of our comrade’s condition.


He stranded on Jetsam Point that chest, full of all that we needed; he lighted that fire on the heights of the island which showed you where to land; he fired that ball which we found in the body of the peccary; he immersed in the channel that torpedo which destroyed the brigantine; in short, he has done all those inexplicable things of which we could find no explanation.


Whatever he is, then, whether a castaway or an exile, we should be ungrateful not to feel how much we owe him. Some day, I hope, we shall discharge our debt.”



“We may add,” replied Gideon Spilett, “that this unknown friend has a way of doing things which seems supernatural. If he did all these wonderful things, he possesses a power which makes him master of the elements.”

 

 

 

 

 

 


“Yes,” said Smith, “there is a mystery here, but if we discover the man we shall discover the mystery also. The question is this:—Shall we respect the incognito of this generous being, or should we try to find him? What do you think?”





“Master,” said Neb, “I have an idea that we may hunt for him as long as we please, but that we shall only find him when he chooses to make himself known.”

“There’s something in that, Neb,” said Pencroff.

“I agree with you, Neb,” said Spilett; “but that is no reason for not making the attempt. Whether we find this mysterious being or not, we shall have fulfilled our duty towards him.”



“And what is your opinion, my boy?” said the engineer, turning to Herbert.

“Ah,” cried Herbert, his eye brightening; “I want to thank him, the man who saved you first and now has saved us all.”


“It wouldn’t be unpleasant for any of us, my boy,” returned Pencroff. “I am not curious, but I would give one of my eyes to see him face to face.”

“And you, Ayrton?” asked the engineer.

“Mr. Smith,” replied Ayrton, “I can give no advice. Whatever you do will be right, and whenever you want my help in your search, I am ready.”

“Thanks, Ayrton,” said Smith, “but I want a more direct answer. You are our comrade, who has offered his life more than once to save ours, and we will take no important step without consulting you.”




“I think, Mr. Smith,” replied Ayrton, “that we ought to do everything to discover our unknown benefactor. He may be sick or suffering. I owe him a debt of gratitude which I can never forget, for he brought you to save me. I will never forget him!”




“It is settled,” said Smith. “We will begin our search as soon as possible. We will leave no part of the island unexplored. We will pry into its most secret recesses, and may our unknown friend pardon our zeal!”


For several days the colonists were actively at work haymaking and harvesting. Before starting upon their exploring tour, they wanted to finish all their important labors. Now, too, was the time for gathering the vegetable products of Tabor Island. Everything had to be stored; and, happily, there was plenty of room in Granite House for all the riches of the island. There all was ranged in order, safe from man or beast. No dampness was to be feared in the midst of this solid mass of granite.




 Many of the natural excavations in the upper corridor were enlarged by the pick, or blown out by mining, and Granite House thus became a receptacle for all the goods of the colony.



The brigantine’s guns were pretty pieces of cast-steel, which, at Pencroff’s instance, were hoisted, by means of tackle and cranes, to the very entrance of Granite House; embrasures were constructed between the windows, and soon they could be seen stretching their shining nozzles through the granite wall. From this height these fire-breathing gentry had the range of all Union Bay. It was a little Gibraltar, to whose fire every ship off the islet would inevitably be exposed.



“Mr. Smith,” said Pencroff one day—it was the 8th of November—“now that we have mounted our guns, we ought to try their range.”

“For what purpose?”

“Well, we ought to know how far we can send a ball.”



“Try, then, Pencroff,” answered the engineer; “but don’t use our powder, whose stock I do not want to diminish; use pyroxyline, whose supply will never fail.”


“Can these cannons support the explosive force of pyroxyline?” asked the reporter, who was as eager as Pencroff to try their new artillery.

“I think so. Besides,” added the engineer, “we will be careful.”

Cyrus Smith had good reason to think that these cannon were well made. They were of cast steel, and breech-loaders, they could evidently bear a heavy charge, and consequently would have a long range, on account of the tremendous initial velocity.





“Now,” said Cyrus Smith, “the initial velocity being a question of the amount of powder in the charge, everything depends upon the resisting power of the metal; and steel is undeniably the best metal in this respect; so that I have great hope of our battery and expect excellent results.”



The four cannons were in perfect condition. Ever since they had been taken out of the water, Pencroff had made it his business to give them a polish. How many hours had been spent in rubbing them, oiling them, and cleaning the separate parts! By this time they shone as if they had been on board of a United States frigate.



That very day, in the presence of all the colony, including Jup and Top, the new guns were successively tried. They were charged with pyroxyline, which, as we have said, has an explosive force fourfold that of gunpowder; the projectile was cylindro-conical in shape.


Pencroff, holding the fuse, stood ready to touch them off. Upon a word from Cyrus Smith, the shot was fired. The ball, directed seaward, passed over the islet and was lost in the offing, at a distance which could not be readily determined.

The second cannon was trained upon the rocks terminating Jetsam Point, and the projectile, striking a sharp boulder nearly three miles from Granite House, made it fly into shivers. Herbert had aimed and fired the shot, and was quite proud of his success. But Pencroff was prouder of it even than he. Such a feather in his boy’s cap!


The third projectile, aimed at the dunes which formed the upper coast of Union Bay, struck the sand about four miles away, then ricocheted into the water.


The fourth piece was charged heavily to test its extreme range, and every one got out of the way for fear it would burst; then the fuse was touched off by means of a long string. There was a deafening report, but the gun stood the charge, and the colonists, rushing to the windows, could see the projectile graze the rocks of Mandible Cape, nearly five miles from Granite House, and disappear in Shark Gulf.


“Well, Mr. Smith,” said Pencroff, who had cheered at every shot, “what do you say to our battery? I should like to see a pirate land now!”



“Better have them stay away, Pencroff,” answered the engineer.

“Speaking of that,” said the sailor, “what are we going to do with the six rascals who are prowling about the island? Shall we let them roam about unmolested? They are wild beasts, and I think we should treat them as such. What do you think about it, Ayrton?” added Pencroff, turning towards his companion.


Ayrton hesitated for a moment, while Smith regretted the abrupt question, and was sincerely touched when Ayrton answered humbly:—

“I was one of these wild beasts once, Mr. Pencroff, and I am not worthy to give counsel.”

And, with bent head, he walked slowly away. Pencroff understood him.

“Stupid ass that I am!” cried he. “Poor Ayrton! and yet he has as good a right to speak as any of us.

“And before we hunt them down, Pencroff, shall we not wait for some fresh act of hostility?”

“Haven’t they done enough already?” said the sailor, who could not understand these refinements.

“They may repent,” said Cyrus Smith.
 

“They repent!” cried the sailor, shrugging his shoulders.

“Think of Ayrton, Pencroff!” said Herbert, taking his hand. “He has become an honest man.”

Pencroff looked at his companions in stupefaction. He could not admit the possibility of making terms with the accomplices of Bob Harvey.



“Be it so!” he said. “You want to be magnanimous to these rascals. May we never regret it!”


“What danger do we run if we are on our guard?” said Herbert.

“H’m!” said the reporter, doubtfully. “There are six of them, well armed. If each of them sighted one of us from behind a tree—”


“Why haven’t they tried it already?” said Herbert. “Evidently it was not their cue.”


“Very well, then,” said the sailor, who was stubborn in his opinion, “we will let these worthy fellows attend to their innocent occupations without troubling our heads about them.”

“Pencroff,” said the engineer, “you have often shown respect for my opinions. Will you trust me once again?”


“I will do whatever you say, Mr. Smith,” said the sailor


“Well, let us wait, and not be the first to attack.”