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Mysterious Island Shipwrecked in the Air Abandoned Secret of the Island |
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CHAPITRE 50 Ainsi, les convicts étaient toujours là, épiant le corral, et décidés à tuer les colons l’un après l’autre. Cyrus Smith s’arrangea donc de manière à vivre au corral, dont les approvisionnements, d’ailleurs, pouvaient suffire pendant un assez long temps. La maison d’Ayrton avait été pourvue de tout ce qui était nécessaire à la vie, et les convicts, effrayés par l’arrivée des colons, n’avaient pas eu le temps de la mettre au pillage. Il était probable, ainsi que le fit observer Gédéon Spilett, que les choses s’étaient passées comme suit: Les six convicts, débarqués sur l’île, en avaient suivi le littoral sud, et, après avoir parcouru le double rivage de la presqu’île serpentine, n’étant point d’humeur à s’aventurer sous les bois du Far-West, ils avaient atteint l’embouchure de la rivière de la chute. Une fois à ce point, en remontant la rive droite du cours d’eau, ils étaient arrivés aux contreforts du mont Franklin, entre lesquels il était naturel qu’ils cherchassent quelque retraite, et ils n’avaient pu tarder à découvrir le corral, alors inhabité. Là, ils s’étaient vraisemblablement installés en attendant le moment de mettre à exécution leurs abominables projets. L’arrivée d’Ayrton les avait surpris, mais ils étaient parvenus à s’emparer du malheureux, et … Maintenant, les convicts – réduits à cinq, il est vrai, mais bien armés – rôdaient dans les bois, et s’y aventurer, c’était s’exposer à leurs coups, sans qu’il y eût possibilité ni de les parer, ni de les prévenir. « Attendre ! Il n’y a pas autre chose à faire ! répétait Cyrus Smith. Lorsque Harbert sera guéri, nous pourrons organiser une battue générale de l’île et avoir raison de ces convicts. Ce sera l’objet de notre grande expédition, en même temps… – Que la recherche de notre protecteur mystérieux, ajouta Gédéon Spilett, en achevant la phrase de l’ingénieur. Ah ! Il faut avouer, mon cher Cyrus, que, cette fois, sa protection nous a fait défaut, et au moment même où elle nous eût été le plus nécessaire ! – Qui sait ! répondit l’ingénieur. – Que voulez-vous dire ? demanda le reporter. – Que nous ne sommes pas au bout de nos peines, mon cher Spilett, et que la puissante intervention aura peut-être encore l’occasion de s’exercer. Mais il ne s’agit pas de cela. La vie d’Harbert avant tout. » C’était la plus douloureuse préoccupation des colons. Quelques jours se passèrent, et l’état du pauvre garçon n’avait heureusement pas empiré. Or, du temps gagné sur la maladie, c’était beaucoup. L’eau froide, toujours maintenue à la température convenable, avait absolument empêché l’inflammation des plaies. Il sembla même au reporter que cette eau, un peu sulfureuse, – ce qu’expliquait le voisinage du volcan, – avait une action plus directe sur la cicatrisation. La suppuration était beaucoup moins abondante, et, grâce aux soins incessants dont il était entouré, Harbert revenait à la vie, et sa fièvre tendait à baisser. Il était, d’ailleurs, soumis à une diète sévère, et, par conséquent, sa faiblesse était et devait être extrême ; mais les tisanes ne lui manquaient pas, et le repos absolu lui faisait le plus grand bien. Cyrus Smith, Gédéon Spilett et Pencroff étaient devenus très habiles à panser le jeune blessé. Tout le linge de l’habitation avait été sacrifié. Les plaies d’Harbert, recouvertes de compresses et de charpie, n’étaient serrées ni trop ni trop peu, de manière à provoquer leur cicatrisation sans déterminer de réaction inflammatoire. Le reporter apportait à ces pansements un soin extrême, sachant bien quelle en était l’importance, et répétant à ses compagnons ce que la plupart des médecins reconnaissent volontiers : c’est qu’il est plus rare peut-être de voir un pansement bien fait qu’une opération bien faite. Au bout de dix jours, le 22 novembre, Harbert allait sensiblement mieux. Il avait commencé à prendre quelque nourriture. Les couleurs revenaient à ses joues, et ses bons yeux souriaient à ses gardes-malades. Il causait un peu, malgré les efforts de Pencroff, qui, lui, parlait tout le temps pour l’empêcher de prendre la parole et racontait les histoires les plus invraisemblables. Harbert l’avait interrogé au sujet d’Ayrton, qu’il était étonné de ne pas voir près de lui, pensant qu’il devait être au corral. Mais le marin, ne voulant point affliger Harbert, s’était contenté de répondre qu’Ayrton avait rejoint Nab, afin de défendre Granite-House. – Je suis encore bien faible, mon pauvre Pencroff ! – Eh ! Les forces reviendront peu à peu ! Qu’est-ce qu’une balle à travers la poitrine ? Une simple plaisanterie ! J’en ai vu bien d’autres, et je ne m’en porte pas plus mal ! » Enfin, les choses paraissaient être pour le mieux, et, du moment qu’aucune complication ne survenait, la guérison d’Harbert pouvait être regardée comme assurée. Mais quelle eût été la situation des colons si son état se fût aggravé, si, par exemple, la balle lui fût restée dans le corps, si son bras ou sa jambe avaient dû être amputés ! Cyrus Smith semblait, d’ailleurs, que ses compagnons et lui, jusque-là si heureux, fussent entrés dans une période néfaste. Depuis plus de deux ans et demi qu’ils s’étaient échappés de Richmond, on peut dire que tout avait été à leur gré. Mais la chance semblait tourner contre eux. Cet être mystérieux, quel qu’il fût, dont ils ne pouvaient nier l’existence, avait-il donc abandonné l’île ? Avait-il succombé à son tour ? À ces questions, aucune réponse n’était possible. Mais qu’on ne s’imagine pas que Cyrus Smith et son compagnon, parce qu’ils causaient de ces choses, fussent gens à désespérer ! Ils regardaient la situation en face, ils analysaient les chances, ils se préparaient à tout événement, ils se posaient fermes et droits devant l’avenir, et si l’adversité devait enfin les frapper, elle trouverait en eux des hommes préparés à la combattre. |
CHAPTER 50 So, then, the convicts were close by, watching the corral, and waiting to kill the colonists one after another. Cyrus Smith made his arrangements to live at the corral, which was fully provisioned. Ayrton’s house was furnished with all the necessaries of life, and the convicts, frightened away by the colonists’ arrival, had not had time to pillage. It was most likely, as Spilett suggested, that the course of events had been this:
“There is nothing else to do but wait,” repeated Cyrus Smith. “When Herbert is well again, we will beat the island, and have a shot at these rascals; while at the same time ...”
“What do you mean?” asked the reporter. “We are not at the end of our troubles, my dear Spilett, and his powerful interference may still be exercised. But now we must think of Herbert.”
“Oh! your strength will come back little by little. What’s a ball through the chest? Nothing to speak of. I have seen several of them, and feel no worse for it.” In time, things were growing better, and it no unlucky complication occurred, Herbert’s cure might be regarded as certain. But what would have been the colonists’ situation if the ball had remained in his body, if his arm or leg had had to be amputated? They could not think of it without a shudder.
Had the mysterious being abandoned the island, or himself been overcome? They could give no answer to these questions. But though they talked together about them, they were not men to despair. They looked the situation in the face; they analyzed the chances; they prepared themselves for every contingency; they stood firm and undaunted before the future; and if adversity should continue to oppress them, she would find them men prepared to do their utmost. |