Mysterious Island         Shipwrecked in the Air         Abandoned         Secret of the Island          

 

 

   PART III

 

   CHAPTER 43

 

   CHAPTER 44

 

   CHAPTER 45

 

   CHAPTER 46

 

   CHAPTER 47

 

   CHAPTER 48

 

   CHAPTER 49

 

   CHAPTER 50

 

   CHAPTER 51

 

   CHAPTER 52

   CHAPTER 53

 

   CHAPTER 54

 

   CHAPTER 55

 

   CHAPTER 56

 

   CHAPTER 57

 

   CHAPTER 58

 

   CHAPTER 59

 

   CHAPTER 60

 

   CHAPTER 61

 

   CHAPTER 62

 

CHAPITRE 53

Gédéon Spilett prit la boîte, il l’ouvrit. Elle contenait environ deux cents grains d’une poudre blanche dont il porta quelques particules à ses lèvres. L’extrême amertume de cette substance ne pouvait le tromper. C’était bien le précieux alcaloïde du quinquina, l’anti-périodique par excellence. Il fallait sans hésiter administrer cette poudre à Harbert. Comment elle se trouvait là, on le discuterait plus tard.

« Du café », demanda Gédéon Spilett. Quelques instants après, Nab apportait une tasse de l’infusion tiède. Gédéon Spilett y jeta environ dix-huit grains de la quinine, et on parvint à faire boire cette mixture à Harbert.

Il était temps encore, car le troisième accès de la fièvre pernicieuse ne s’était pas manifesté ! Et, qu’il soit permis d’ajouter, il ne devait pas revenir !

D’ailleurs, il faut le dire aussi, tous avaient repris espoir. L’influence mystérieuse s’était de nouveau exercée, et dans un moment suprême, quand on désespérait d’elle !…

Au bout de quelques heures, Harbert reposait plus paisiblement. Les colons purent causer alors de cet incident. L’intervention de l’inconnu était plus évidente que jamais. Mais comment avait-il pu pénétrer pendant la nuit jusque dans Granite-House ? C’était absolument inexplicable, et, en vérité, la façon dont procédait le « génie de l’île » était non moins étrange que le génie lui-même.

Durant cette journée, et de trois heures en trois heures environ, le sulfate de quinine fut administré à Harbert. Harbert, dès le lendemain, éprouvait une certaine amélioration. Certes, il n’était pas guéri, et les fièvres intermittentes sont sujettes à de fréquentes et dangereuses récidives, mais les soins ne lui manquèrent pas. Et puis, le spécifique était là, et non loin, sans doute, celui qu’il l’avait apporté !

Dix jours après, le 20 décembre, Harbert entrait en convalescence. Il était faible encore, et une diète sévère lui avait été imposée, mais aucun accès n’était revenu. Et puis, le docile enfant se soumettait si volontiers à toutes les prescriptions qu’on lui imposait ! Il avait tant envie de guérir !

Pencroff était comme un homme qu’on a retiré du fond d’un abîme. Il avait des crises de joie qui tenaient du délire. Après que le moment du troisième accès eut été passé, il avait serré le reporter dans ses bras à l’étouffer. Depuis lors, il ne l’appela plus que le docteur Spilett.

Restait à découvrir le vrai docteur.

« On le découvrira ! » répétait le marin.

Le mois de décembre se termina, et avec lui cette année 1867, pendant laquelle les colons de l’île Lincoln venaient d’être si durement éprouvés. Ils entrèrent dans l’année 1868 avec un temps magnifique, une chaleur superbe, une température tropicale, que la brise de mer venait heureusement rafraîchir.

Harbert renaissait, et de son lit, placé près d’une des fenêtres de Granite-House, il humait cet air salubre, chargé d’émanations salines, qui lui rendait la santé. Il commençait à manger, et dieu sait quels bons petits plats, légers et savoureux, lui préparait Nab !

Pendant toute cette période, les convicts ne s’étaient pas montrés une seule fois aux environs de Granite-House. D’Ayrton, point de nouvelles, et, si l’ingénieur et Harbert conservaient encore quelque espoir de le retrouver, leurs compagnons ne mettaient plus en doute que le malheureux n’eût succombé. Toutefois, ces incertitudes ne pouvaient durer, et, dès que le jeune garçon serait valide, l’expédition, dont le résultat devait être si important, serait entreprise. Mais il fallait attendre un mois peut-être, car ce ne serait pas trop de toutes les forces de la colonie pour avoir raison des convicts.

Pendant ce mois de janvier, d’importants travaux furent faits au plateau de Grande-vue ; mais ils consistèrent uniquement à sauver ce qui pouvait l’être des récoltes dévastées, soit en blé, soit en légumes. Les graines et les plants furent recueillis, de manière à fournir une nouvelle moisson pour la demi-saison prochaine. Quant à relever les bâtiments de la basse-cour, le moulin, les écuries, Cyrus Smith préféra attendre. Tandis que ses compagnons et lui seraient à la poursuite des convicts, ceux-ci pourraient bien rendre une nouvelle visite au plateau, et il ne fallait pas leur donner sujet de reprendre leur métier de pillards et d’incendiaires. Quand on aurait purgé l’île de ces malfaiteurs, on verrait à réédifier.

Le jeune convalescent avait commencé à se lever dans la seconde quinzaine du mois de janvier, d’abord une heure par jour, puis deux, puis trois. Les forces lui revenaient à vue d’œil, tant sa constitution était vigoureuse. Il avait dix-huit ans alors. Il était grand et promettait de devenir un homme de noble et belle prestance. À partir de ce moment, sa convalescence, tout en exigeant encore quelques soins, – et le docteur Spilett se montrait fort sévère, – marcha régulièrement.

Vers la fin du mois, Harbert parcourait déjà le plateau de Grande-vue et les grèves.

Cyrus Smith crut pouvoir d’ores et déjà indiquer le jour du départ, qui fut fixé au 15 février prochain. Les nuits, très claires à cette époque de l’année, seraient propices aux recherches qu’il s’agissait de faire sur toute l’île.

Les préparatifs exigés par cette exploration furent don commencés, et ils devaient être importants, car les colons s’étaient jurés de ne point rentrer à Granite-House avant que leur double but eût été atteint : d’une part, détruire les convicts et retrouver Ayrton, s’il vivait encore ; de l’autre, découvrir celui qui présidait si efficacement aux destinées de la colonie.

De l’île Lincoln, les colons connaissaient à fond toute la côte orientale depuis le cap griffe jusqu’aux caps mandibules, les vastes marais des tadornes, les environs du lac Grant, les bois de jacamar compris entre la route du corral et la Mercy, les cours de la Mercy et du creek rouge, et enfin les contreforts du mont Franklin, entre lesquels avait été établi le corral.

Ils avaient exploré, mais d’une manière imparfaite seulement, le vaste littoral de la baie Washington depuis le cap griffe jusqu’au promontoire du reptile, la lisière forestière et marécageuse de la côte ouest, et ces interminables dunes qui finissaient à la gueule entr’ouverte du golfe du requin.

Mais ils n’avaient reconnu en aucune façon les larges portions boisées qui couvraient la presqu’île serpentine, toute la droite de la Mercy, la rive gauche de la rivière de la chute, et l’enchevêtrement de ces contreforts et de ces contre-vallées qui supportaient les trois quarts de la base du mont Franklin à l’ouest, au nord et à l’est, là où tant de retraites profondes existaient sans doute. Par conséquent, plusieurs milliers d’acres de l’île avaient encore échappé à leurs investigations.

Il fut donc décidé que l’expédition se porterait à travers le Far-West, de manière à englober toute la partie située sur la droite de la Mercy.

Peut-être eût-il mieux valu se diriger d’abord sur le corral, où l’on devait craindre que les convicts ne se fussent de nouveau réfugiés, soit pour le piller, soit pour s’y installer. Mais, ou la dévastation du corral était un fait accompli maintenant, et il était trop tard pour l’empêcher, ou les convicts avaient eu intérêt à s’y retrancher, et il serait toujours temps d’aller les relancer dans leur retraite.

Donc, après discussion, le premier plan fut maintenu, et les colons résolurent de gagner à travers bois le promontoire du reptile. Ils chemineraient à la hache et jetteraient ainsi le premier tracé d’une route qui mettrait en communication Granite-House et l’extrémité de la presqu’île, sur une longueur de seize à dix-sept milles.

Le chariot était en parfait état. Les onaggas, bien reposés, pourraient fournir une longue traite.

Vivres, effets de campement, cuisine portative, ustensiles divers furent chargés sur le chariot, ainsi que les armes et les munitions.

Le lendemain, au point du jour, Cyrus Smith prit les mesures nécessaires pour mettre Granite-House à l’abri de toute invasion. Les échelles qui servaient autrefois à l’ascension furent apportées aux cheminées et profondément enterrées dans le sable, de manière qu’elles pussent servir au retour et car le tambour de l’ascenseur fut démonté.

 Pencroff resta le dernier dans Granite-House pour achever cette besogne, et il en redescendit au moyen d’une corde dont le double était maintenu en bas, et qui, une fois ramenée au sol, ne laissa plus subsister aucune communication entre le palier supérieur et la grève.

Le temps était magnifique.

« Une chaude journée qui se prépare ! dit joyeusement le reporter.

– Bah ! Docteur Spilett, répondit Pencroff, nous cheminerons à l’abri des arbres et nous n’apercevrons même pas le soleil !

– En route ! » dit l’ingénieur.

Le chariot attendait sur le rivage, devant les cheminées. Le reporter avait exigé qu’Harbert y prît place, au moins pendant les premières heures du voyage.

Nab se mit en tête des onaggas. Cyrus Smith, le reporter et le marin prirent les devants. Top gambadait d’un air joyeux. Harbert avait offert une place à Jup dans son véhicule, et Jup avait accepté sans façon. Le moment du départ était arrivé, et la petite troupe se mit en marche.

Le chariot tourna d’abord l’angle de l’embouchure, puis, après avoir remonté pendant un mille la rive gauche de la Mercy, il traversa le pont au bout duquel s’amorçait la route de port-ballon, et, là, les explorateurs, laissant cette route sur leur gauche, commencèrent à s’enfoncer sous le couvert de ces immenses bois qui formaient la région du Far-West.

Pendant les deux premiers milles, les arbres, largement espacés, permirent au chariot de circuler librement ; de temps en temps il fallait trancher quelques lianes et des forêts de broussailles, mais aucun obstacle sérieux n’arrêta la marche des colons.

L’épaisse ramure des arbres entretenait une ombre fraîche sur le sol. Déodars, douglas, casuarinas, banksias, gommiers, dragonniers et autres essences déjà reconnues, se succédaient au delà des limites du regard. Le monde des oiseaux habituels à l’île s’y retrouvait au complet, tétras, jacamars, faisans, loris et toute la famille babillarde des kakatoès, perruches et perroquets. Agoutis, kangourous, cabiais filaient entre les herbes, et tout cela rappelait aux colons les premières excursions qu’ils avaient faites à leur arrivée sur l’île.

« Toutefois, fit observer Cyrus Smith, je remarque que ces animaux, quadrupèdes et volatiles, sont plus craintifs qu’autrefois. Ces bois ont donc été récemment parcourus par les convicts, dont nous devons retrouver certainement des traces. »

Et, en effet, en maint endroit, on put reconnaître le passage plus ou moins récent d’une troupe d’hommes : ici, des brisées faites aux arbres, peut-être dans le but de jalonner le chemin ; là, des cendres d’un foyer éteint, et des empreintes de pas que certaines portions glaiseuses du sol avaient conservées. Mais, en somme, rien qui parût appartenir à un campement définitif.

L’ingénieur avait recommandé à ses compagnons de s’abstenir de chasser. Les détonations des armes à feu auraient pu donner l’éveil aux convicts, qui rôdaient peut-être dans la forêt.

Le soir de cette première journée, les colons campèrent à neuf milles environ de Granite-House, sur le bord d’un petit affluent de la Mercy, dont ils ignoraient l’existence.

La nuit se passa sans incident, et le lendemain, 16 février, la marche, plutôt lente que pénible, fut reprise à travers la forêt. Ce jour-là, on ne put franchir que six milles. Véritables « setlers », les colons épargnaient les grands et beaux arbres, dont l’abatage, d’ailleurs, leur eût coûté d’énormes fatigues, et ils sacrifiaient les petits ; mais il en résultait que la route prenait une direction peu rectiligne et s’allongeait de nombreux détours.

Pendant cette journée, Harbert découvrit des essences nouvelles. Quant à la faune, elle ne présenta pas d’autres échantillons que ceux dont les chasseurs avaient eu connaissance jusqu’alors. Cependant, ils entrevirent, mais sans pouvoir l’approcher, un couple de ces grands oiseaux qui sont particuliers à l’Australie, sortes de casoars, que l’on nomme émeus, et qui, hauts de cinq pieds et bruns de plumage, appartiennent à l’ordre des échassiers. Top s’élança après eux de toute la vitesse de ses quatre pattes, mais les casoars le distancèrent aisément, tant leur rapidité était prodigieuse.

Quant aux traces laissées par les convicts dans la forêt, on en releva quelques-unes encore. Près d’un feu qui paraissait avoir été récemment éteint, les colons remarquèrent des empreintes qui furent observées avec une extrême attention. En les mesurant l’une après l’autre suivant leur longueur et leur largeur, on retrouva aisément la trace des pieds de cinq hommes. Les cinq convicts avaient évidemment campé en cet endroit ; mais – et c’était là l’objet d’un examen si minutieux ! – on ne put découvrir une sixième empreinte, qui, dans ce cas, eût été celle du pied d’Ayrton.

« Ayrton n’était pas avec eux ! dit Harbert.

– Non, répondit Pencroff, et, s’il n’était pas avec eux, c’est que ces misérables l’avaient déjà tué ! Mais ces gueux-là n’ont donc pas une tanière où on puisse aller les traquer comme des tigres !

– Non, répondit le reporter. Il est plus probable qu’ils vont à l’aventure, et c’est leur intérêt d’errer ainsi jusqu’au moment où ils seront les maîtres de l’île.

– Les maîtres de l’île ! s’écria le marin. Les maîtres de l’île !… » répéta-t-il, et sa voix était étranglée comme si un poignet de fer l’eût saisi à la gorge. Puis, d’un ton plus calme :

– C’est la balle qui a traversé la poitrine d’Harbert, et je vous promets que celle-là ne manquera pas son but ! »

Mais ces justes représailles ne pouvaient rendre la vie à Ayrton, et, de cet examen des empreintes laissées sur le sol, on dut, hélas ! Conclure qu’il n’y avait plus à conserver aucun espoir de jamais le revoir !

Ce soir-là, le campement fut établi à quatorze milles de Granite-House, et Cyrus Smith estima qu’il ne devait pas être à plus de cinq milles du promontoire du reptile.

Et, en effet, le lendemain, l’extrémité de la presqu’île était atteinte, et la forêt traversée sur toute sa longueur ; mais aucun indice n’avait permis de trouver la retraite où s’étaient réfugiés les convicts, ni celle, non moins secrète, qui donnait asile au mystérieux inconnu.

CHAPTER 53

Spilett took the box and opened it. It contained a white powder, which he tasted. Its extreme bitterness was unmistakable. It was indeed that precious alkaloid, the true anti-periodic. It was necessary to administer it to Herbert without delay. How it came there could be discussed later.



Spilett called for some coffee, and Neb brought a lukewarm infusion, in which the reporter placed eighteen grains of quinine and gave the mixture to Herbert to drink.

There was still time, as the third attack of the fever had not yet manifested itself. And, indeed, it did not return!


Moreover, every one became hopeful. The mysterious influence was again about them, and that too in a moment when they had despaired of its aid ....

After a few hours, Herbert rested more quietly, and the colonists could talk of the incident. The intervention of this unknown being was more evident than ever, but how had he succeeded in getting in to Granite House during the night? It was perfectly inexplicable, and, indeed, the movements of this “genie of the island” were as mysterious as the genie himself.


The quinine was administered to Herbert every three hours, and the next day the lad was certainly better. It is true he was not out of danger, since these fevers are often followed by dangerous relapses; but, then, here was the specific, and, doubtless, not far off, the one who had brought it.




In two days more Herbert became convalescent. He was still feeble, but there had been no relapse, and he cheerfully submitted to the rigorous diet imposed upon, him. He was so anxious to get well.


Pencroff was beside himself with joy. After the critical period had been safely passed he seized the reporter in his arms, and called him nothing but Doctor Spilett.



But the true physician was still to be found.

“We will find him!” repeated the sailor.

The year 1867, during which the colonists had been so hardly beset, came to an end, and the new year began with superb weather. A fine warmth, a tropical temperature, moderated by the sea breeze.


Herbert’s bed was drawn close to the window, where he could inhale long draughts of the salt, salubrious air. His appetite began to return, and what tempting savory morsels Neb prepared for him!


During this time the convicts had not shown themselves, neither was there any news of Ayrton. The engineer and Herbert still hoped to get him back, but the others thought that the unhappy man had succumbed.  In a month’s time, when the lad should have regained his strength, the important search would be undertaken, and all these questions set at rest.






During January the work on the plateau consisted simply in collecting the grain and vegetables undestroyed in the work of devastation, and planting some for a late crop during the next season. Cyrus Smith preferred to wait till the island was rid of the convicts before he repaired the damage to the mill, poultry-yard, and stable.







In the latter part of the month Herbert began to take some exercise. He was eighteen years old, his constitution was splendid, and from this moment the improvement in his condition was visible daily.






By the end of the month he walked on the shore and over the plateau.

Cyrus Smith felt that the day for the exploration could be set, and the 15th of February was chosen. The nights at this season were very clear, and would, therefore, be advantageous to the search.

The necessary preparations were begun. These were important, as the colonists had determined not to return to Granite House until their double end had been obtained: to destroy the convicts and find Ayrton, if he was still alive; and to discover the being who presided so efficiently over the destinies of the colony.

The colonists were familiar with all the eastern coast of the island between Claw Cape and the Mandibles; with Tadorn’s Fens; the neighborhood of Lake Grant; the portion of Jacamar Wood lying between the road to the corral and the Mercy; the courses of the Mercy and Red Creek, and those spurs of Mount Franklin where the corral was located.

They had partially explored the long sweep of Washington Bay from Claw Cape to Reptile End; the wooded and marshy shore of the west coast, and the interminable downs which extended to the half-open mouth of Shark Gulf.


But they were unacquainted with the vast woods of Serpentine Peninsula; all the right bank of the Mercy; the left bank of Fall River, and the confused mass of ravines and ridges which covered three-fourths of the base of Mount Franklin on the west, north, and east, and where, doubtless, there existed deep recesses. Therefore, many thousands of acres had not yet been explored.


It was decided that the expedition should cross the Forest of the Far West, in such a manner as to go over all that part situated on the right of the Mercy.

Perhaps it would have been better to have gone at once to the corral, where it was probable the convicts had either pillaged the place or installed themselves there. But either the pillage was a work accomplished or the convicts had purposed to entrench themselves there, and it would always be time to dislodge them.


So the first plan was decided upon, and it was resolved to cut a road through these woods, placing Granite House in communication with the end of the peninsula, a distance of sixteen or seventeen miles.



The wagon was in perfect order. The onagers, well rested, were in excellent condition for a long pull.

Victuals, camp utensils, and the portable stove, were loaded into the wagon, together with a careful selection of arms and ammunition.

On the morning of the 15th Smith took the measures necessary to defend Granite House from invasion. The ladders were carried to the Chimneys and buried there and the basket of the elevator was removed.



Pencroff, who remained behind in Granite House, saw to this latter, and then slid down to the ground by means of a double cord which, dropped to the ground, severed the last connection between the entrance and the shore.


The weather was superb.

“It is going to be a warm day,” said the reporter, joyfully.


“But, Doctor Spilett,” said Pencroff, “our road is under the trees, and we will never see the sun!”

“Forward!” said the engineer.

The wagon was ready on the bank. The reporter insisted on Herbert taking a seat in it, at least for the first few hours.


Neb walked by the onagers. Cyrus Smith, the reporter, and the sailor went on ahead. Top bounded off into the grass; Jup took a seat beside Herbert, and the little party started.



The wagon went up the left bank of the Mercy, across the bridge, and there, leaving the route to Balloon Harbor to the left, the explorers began to make a way through the forest.



For the first two miles, the trees grew sufficiently apart to permit the wagon to proceed easily, without any other obstacle than here and there a stump or some bushes to arrest their progress.



The thick foliage made a cool shadow over the ground. Birds and animals were plenty, and reminded the colonists of their early excursions on the island.







“Nevertheless,” remarked Smith, “I notice that the animals are more timid than formerly. These woods have been recently traversed by the convicts, and we shall certainly find their traces.”


And, indeed, in many places, they saw where a party of men had passed, or built a fire, but in no one place was there a definite camp.



The engineer had charged his companions to abstain from hunting, so as not to make the convicts aware of their presence by the sound of firearms.


The halt for the night was made, nine miles from Granite House, on the bank of a small affluent to the Mercy, of whose existence they had been unaware.

The night passed without incident. The next day, they were unable to accomplish more than six miles. Like true “settlers,” the colonists avoided the large trees and cut down only the smaller ones, so that their road was a winding one.





During the day Herbert discovered some new specimens. As to fauna, they discovered no new specimens, but they saw, without being able to approach them, a couple of large birds, such as are common in Australia, a sort of cassowary, called emus, which were five feet high, of brown plumage, and belonged to the order of runners. Top tried his best to catch them, but they outran him easily, so great was their speed.





The colonists again found traces of the convicts. Near a recently-extinguished fire they found footprints, which they examined with great attention. By measuring these tracks they were able to determine the presence of five men. The five convicts had evidently camped here; but—and they made minute search—they could not discover a sixth track, which would have been that of Ayrton.




“Ayrton is not with them!” said Herbert.

“No,” replied Pencroff, “the wretches have shot him.” But they must have a den, to which we can track them.”



“No,” replied the reporter. “It is more likely that they intend to camp about in places, after this manner, until they become masters of the island.”

“Masters of the island!” cried the sailor. “Masters of the island, indeed” he repeated in a horrified voice. Then, in the calm tone, he added:

“The ball in my gun is the one which wounded Herbert and it will do its errand!”

But this just reprisal would not restore Ayrton to life, and the only conclusion to be drawn, from the footprints was that they would never see him again!


That evening the camp was made fourteen miles front Granite House, and Cyrus Smith estimated that it was still five miles to Reptile End.

The next day this point was reached, and the full length of the forest had been traversed; but nothing indicated the retreat of the convicts, nor the abode of the mysterious unknown.