Mysterious Island         Shipwrecked in the Air         Abandoned         Secret of the Island          

 

 

   PART III

 

   CHAPTER 43

 

   CHAPTER 44

 

   CHAPTER 45

 

   CHAPTER 46

 

   CHAPTER 47

 

   CHAPTER 48

 

   CHAPTER 49

 

   CHAPTER 50

 

   CHAPTER 51

 

   CHAPTER 52

 

   CHAPTER 53

 

   CHAPTER 54

 

   CHAPTER 55

   CHAPTER 56

 

   CHAPTER 57

 

   CHAPTER 58

 

   CHAPTER 59

 

   CHAPTER 60

 

   CHAPTER 61

 

   CHAPTER 62

 

CHAPITRE 56

Trois ans s’étaient écoulés depuis que les prisonniers de Richmond s’étaient enfuis, et que de fois, pendant ces trois années, ils parlèrent de la patrie, toujours présente à leur pensée !

Ils ne mettaient pas en doute que la guerre civile ne fût alors terminée, et il leur semblait impossible que la juste cause du nord n’eût pas vaincu. Mais quels avaient été les incidents de cette terrible guerre ? Quel sang avait-elle coûté ? Quels amis, à eux, avaient succombé dans la lutte ? Voilà ce dont ils causaient souvent, sans entrevoir encore le jour où il leur serait donné de revoir leur pays. Y retourner, ne fût-ce que quelques jours, renouer le lien social avec le monde habité, établir une communication entre leur patrie et leur île, puis passer le plus long, le meilleur peut-être de leur existence dans cette colonie qu’ils avaient fondée et qui relèverait alors de la métropole, était-ce donc un rêve irréalisable ?

Mais ce rêve, il n’y avait que deux manières de le réaliser : ou un navire se montrerait quelque jour dans les eaux de l’île Lincoln, ou les colons construiraient eux-mêmes un bâtiment assez fort pour tenir la mer jusqu’aux terres les plus rapprochées.

« À moins, disait Pencroff, que notre génie ne fournisse lui-même les moyens de nous rapatrier ! »

Et, vraiment, on fût venu dire à Pencroff et à Nab qu’un navire de trois cents tonneaux les attendait dans le golfe du requin ou à port-ballon, qu’ils n’auraient pas même fait un geste de surprise. Dans cet ordre d’idées, ils s’attendaient à tout.

Mais Cyrus Smith, moins confiant, leur conseilla de rentrer dans la réalité, et ce fut à propos de la construction d’un bâtiment, besogne véritablement urgente, puisqu’il s’agissait de déposer le plus tôt possible à l’île Tabor un document qui indiquât la nouvelle résidence d’Ayrton.

Le Bonadventure n’existant plus, six mois, au moins, seraient nécessaires pour la construction d’un nouveau navire. Or, l’hiver arrivait, et le voyage ne pourrait se faire avant le printemps prochain.

« Nous avons donc le temps de nous mettre en mesure pour la belle saison, dit l’ingénieur, qui causait de ces choses avec Pencroff. Je pense donc, mon ami, que, puisque nous avons à refaire notre embarcation, il sera préférable de lui donner des dimensions plus considérables. L’arrivée du yacht écossais à l’île Tabor est fort problématique. Il peut se faire même que, venu depuis plusieurs mois, il en soit reparti, après avoir vainement cherché quelque trace d’Ayrton. Ne serait-il donc pas à propos de construire un navire qui, le cas échéant, pût nous transporter soit aux archipels polynésiens, soit à la Nouvelle-Zélande ? Qu’en pensez-vous ?

– Je pense, Monsieur Cyrus, répondit le marin, je pense que vous êtes tout aussi capable de fabriquer un grand navire qu’un petit. Ni le bois, ni les outils ne nous manquent. Ce n’est qu’une question de temps.

– Et combien de mois demanderait la construction d’un navire de deux cent cinquante à trois cents tonneaux ? demanda Cyrus Smith.

– Sept ou huit mois au moins, répondit Pencroff. Mais il ne faut pas oublier que l’hiver arrive et que, par les grands froids, le bois est difficile à travailler. Comptons donc sur quelques semaines de chômage, et, si notre bâtiment est prêt pour le mois de novembre prochain, nous devrons nous estimer très heureux.

– Eh bien, répondit Cyrus Smith, ce serait précisément l’époque favorable pour entreprendre une traversée de quelque importance, soit à l’île Tabor, soit à une terre plus éloignée.

– En effet, Monsieur Cyrus, répondit le marin. Faites donc vos plans, les ouvriers sont prêts, et j’imagine qu’Ayrton pourra nous donner un bon coup de main dans la circonstance. »

Les colons, consultés, approuvèrent le projet de l’ingénieur, et c’était, en vérité, ce qu’il y avait de mieux à faire. Il est vrai que la construction d’un navire de deux à trois cents tonneaux, c’était une grosse besogne, mais les colons avaient en eux-mêmes une confiance que justifiaient bien des succès déjà obtenus.

Cyrus Smith s’occupa donc de faire le plan du navire et d’en déterminer le gabarit. Pendant ce temps, ses compagnons s’employèrent à l’abatage et au charroi des arbres qui devaient fournir les courbes, la membrure et le bordé. Ce fut la forêt du Far-West qui donna les meilleures essences en chênes et en ormes. On profita de la trouée déjà faite lors de la dernière excursion pour ouvrir une route praticable, qui prit le nom de route du Far-West, et les arbres furent transportés aux cheminées, où fut établi le chantier de construction. Quant à la route en question, elle était capricieusement tracée, et ce fut un peu le choix des bois qui en détermina le tracé, mais elle facilita l’accès d’une notable portion de la presqu’île serpentine.

Il était important que ces bois fussent promptement coupés et débités, car on ne pouvait les employer verts encore, et il fallait laisser au temps le soin de les durcir. Les charpentiers travaillèrent donc avec ardeur pendant le mois d’avril, qui ne fut troublé que par quelques coups de vent d’équinoxe assez violents. Maître Jup les aidait adroitement, soit qu’il grimpât au sommet d’un arbre pour y fixer les cordes d’abatage, soit qu’il prêtât ses robustes épaules pour transporter les troncs ébranchés.

Tous ces bois furent empilés sous un vaste appentis en planches, qui fut construit auprès des cheminées, et, là, ils attendirent le moment d’être mis en œuvre. Le mois d’avril fut assez beau, comme l’est souvent le mois d’octobre de la zone boréale. En même temps, les travaux de la terre furent activement poussés, et bientôt toute trace de dévastation eut disparu du plateau de Grande-vue.

Le moulin fut rebâti, et de nouveaux bâtiments s’élevèrent sur l’emplacement de la basse-cour. Il avait paru nécessaire de les reconstruire sur de plus grandes dimensions, car la population volatile s’accroissait dans une proportion considérable. Les étables contenaient maintenant cinq onaggas, dont quatre vigoureux, bien dressés, se laissant atteler ou monter, et un petit qui venait de naître. Le matériel de la colonie s’était augmenté d’une charrue, et les onaggas étaient employés au labourage, comme de véritables bœufs du Yorkshire ou du Kentucky. Chacun des colons se distribuait l’ouvrage, et les bras ne chômaient pas. Aussi, quelle belle santé que celle de ces travailleurs, et de quelle belle humeur ils animaient les soirées de Granite-House, en formant mille projets pour l’avenir !

Il va sans dire qu’Ayrton partageait absolument l’existence commune, et qu’il n’était plus question pour lui d’aller vivre au corral. Toutefois, il restait toujours triste, peu communicatif, et se joignait plutôt aux travaux qu’aux plaisirs de ses compagnons. Mais c’était un rude ouvrier à la besogne, vigoureux, adroit, ingénieux, intelligent. Il était estimé et aimé de tous, il ne pouvait l’ignorer.

Cependant, le corral ne fut pas abandonné. Tous les deux jours, un des colons, conduisant le chariot ou montant un des onaggas, allait soigner le troupeau de mouflons et de chèvres et rapportait le lait qui approvisionnait l’office de Nab. Ces excursions étaient en même temps des occasions de chasse. Aussi Harbert et Gédéon Spilet – Top en avant – couraient-ils plus souvent qu’aucun autre de leurs compagnons sur la route du corral, et, avec les armes excellentes dont ils disposaient, cabiais, agoutis, kangourous, sangliers, porcs sauvages pour le gros gibier, canards, tétras, coqs de bruyère, jacamars, bécassines pour le petit, ne manquaient jamais à la maison. Les produits de la garenne, ceux de l’huîtrière, quelques tortues qui furent prises, une nouvelle pêche de ces excellents saumons qui vinrent encore s’engouffrer dans les eaux de la Mercy, les légumes du plateau de Grande-vue, les fruits naturels de la forêt, c’étaient richesses sur richesses, et Nab, le maître-coq, suffisait à peine à les emmagasiner.

Il va sans dire que le fil télégraphique jeté entre le corral et Granite-House avait été rétabli, et qu’il fonctionnait, lorsque l’un ou l’autre des colons se trouvait au corral et jugeait nécessaire d’y passer la nuit. D’ailleurs, l’île était sûre maintenant, et aucune agression n’était à redouter, – du moins de la part des hommes.

Cependant, le fait qui s’était passé pouvait encore se reproduire. Une descente de pirates, et même de convicts évadés, était toujours à craindre. Il était possible que des compagnons, des complices de Bob Harvey, encore détenus à Norfolk, eussent été dans le secret de ses projets et fussent tentés de l’imiter. Les colons ne laissaient donc pas d’observer les atterrages de l’île, et chaque jour leur longue-vue était promenée sur ce large horizon qui fermait la baie de l’union et la baie Washington. Quand ils allaient au corral, ils examinaient avec non moins d’attention la partie ouest de la mer, et, en s’élevant sur le contrefort, leur regard pouvait parcourir un large secteur de l’horizon occidental. Rien de suspect n’apparaissait, mais encore fallait-il se tenir toujours sur ses gardes.

Aussi l’ingénieur, un soir, fit-il part à ses amis du projet qu’il avait conçu de fortifier le corral. Il lui semblait prudent d’en rehausser l’enceinte palissadée et de la flanquer d’une sorte de blockhaus dans lequel, le cas échéant, les colons pourraient tenir contre une troupe ennemie. Granite-House devant être considéré comme inexpugnable par sa position même, le corral, avec ses bâtiments, ses réserves, les animaux qu’il renfermait, serait toujours l’objectif des pirates, quels qu’ils fussent, qui débarqueraient sur l’île, et, si les colons étaient forcés de s’y renfermer, il fallait qu’ils pussent résister sans désavantage. C’était là un projet à mûrir, et dont l’exécution, d’ailleurs, fut forcément remise au printemps prochain.

Vers le 15 mai, la quille du nouveau bâtiment s’allongeait sur le chantier, et bientôt l’étrave et l’étambot, emmortaisés à chacune de ses extrémités, s’y dressèrent presque perpendiculairement. Cette quille, en bon chêne, mesurait cent dix pieds de longueur, ce qui permettrait de donner au maître-bau une largeur de vingt-cinq pieds. Mais ce fut là tout ce que les charpentiers purent faire avant l’arrivée des froids et du mauvais temps.

Pencroff et Ayrton, les deux plus zélés constructeurs du nouveau bâtiment, poursuivirent leurs travaux aussi longtemps qu’ils le purent. Ils n’étaient point hommes à s’embarrasser du vent qui leur tordait la chevelure, ni de la pluie qui les traversait jusqu’aux os, et un coup de marteau est aussi bon par un mauvais que par un beau temps. Mais quand un froid très vif eut succédé à cette période humide, le bois, dont les fibres acquéraient la dureté du fer, devint extrêmement difficile à travailler, et, vers le 10 juin, il fallut définitivement abandonner la construction du bateau.

Ah ! Cette séquestration leur semblait dure à tous, et peut-être plus particulièrement à Gédéon Spilett.

« Vois-tu, dit-il un jour à Nab, je te donnerais bien par acte notarié tous les héritages qui doivent me revenir un jour, si tu étais assez bon garçon pour aller, n’importe où, m’abonner à un journal quelconque ! Décidément, ce qui manque le plus à mon bonheur, c’est de savoir tous les matins ce qui s’est passé la veille, ailleurs qu’ici ! »

Nab s’était mis à rire.

« Ma foi, avait-il répondu, ce qui m’occupe, moi, c’est la besogne quotidienne ! »

La vérité est que, au dedans comme au dehors, le travail ne manqua pas. La colonie de l’île Lincoln se trouvait alors à son plus haut point de prospérité, et trois ans de travaux soutenus l’avaient faite telle. L’incident du brick détruit avait été une nouvelle source de richesses. Sans parler du gréement complet, qui servirait au navire en chantier, ustensiles et outils de toutes sortes, armes et munitions, vêtements et instruments, encombraient maintenant les magasins de Granite-House.

Il n’avait même plus été nécessaire de recourir à la confection de grosses étoffes de feutre. Si les colons avaient souffert du froid pendant leur premier hivernage, à présent, la mauvaise saison pouvait venir sans qu’ils eussent à en redouter les rigueurs. Le linge était abondant aussi, et on l’entretenait, d’ailleurs, avec un soin extrême.

De ce chlorure de sodium, qui n’est autre chose que le sel marin, Cyrus Smith avait facilement extrait la soude et le chlore. La soude, qu’il fut facile de transformer en carbonate de soude, et le chlore, dont il fit des chlorures de chaux et autres, furent employés à divers usages domestiques et précisément au blanchiment du linge.

Ainsi se passèrent les mois d’hiver, juin, juillet et août. Ils furent très rigoureux, et la moyenne des observations thermométriques ne donna pas plus de huit degrés fahrenheit (13, 33 degrés centigrade au-dessous de zéro). Hommes et animaux se portaient tous bien. Maître Jup se montrait un peu frileux, il faut en convenir. C’était peut-être son seul défaut, et il fallut lui faire une bonne robe de chambre. »

Pendant les sept mois qui s’écoulèrent depuis les dernières recherches opérées autour de la montagne et pendant le mois de septembre, qui ramena les beaux jours, il ne fut aucunement question du génie de l’île. Son action ne se manifesta en aucune circonstance. Il est vrai qu’elle eût été inutile, car nul incident ne se produisit qui put mettre les colons à quelque pénible épreuve.

Cyrus Smith observa même que si, par hasard, les communications entre l’inconnu et les hôtes de Granite-House s’étaient jamais établies à travers le massif de granit, et si l’instinct de Top les avait pour ainsi dire pressenties, il n’en fut plus rien pendant cette période. Les grondements du chien avaient complètement cessé, aussi bien que les inquiétudes de l’orang.

Les deux amis – car ils l’étaient – ne rôdaient plus à l’orifice du puits intérieur, ils n’aboyaient pas et ne gémissaient plus de cette singulière façon qui avait donné, dès le début, l’éveil à l’ingénieur. Mais celui-ci pouvait-il assurer que tout était dit sur cette énigme, et qu’il n’en aurait jamais le mot ? Pouvait-il affirmer que quelque conjoncture ne se reproduirait pas, qui ramènerait en scène le mystérieux personnage ? Qui sait ce que réservait l’avenir ? Enfin, l’hiver s’acheva ; mais un fait dont les conséquences pouvaient être graves, en somme, se produisit précisément dans les premiers jours qui marquèrent le retour du printemps.

Le 7 septembre, Cyrus Smith, ayant observé le sommet du mont Franklin, vit une fumée qui se contournait au-dessus du cratère, dont les premières vapeurs se projetaient dans l’air.

CHAPTER 56

Three years had passed since the prisoners had fled from Richmond, and in all that time their conversation and their thoughts had been of their country.


They had no doubt that the war was ended, and that the North had triumphed. But how? At what cost? What friends had fallen in the struggle? They often talked of these things, although they had no knowledge when they would be able to see that country again. To return, if only for a few days; to renew their intercourse with civilization; to establish a communication between their island and the mother country, and then to spend the greater part of their lives in this colony which they had founded and which would then be raised to a metropolis, was this a dream which could not be realized?



There were but two ways of realizing it: either a ship would some day show itself in the neighborhood of Lincoln Island, or the colonists must themselves build a vessel staunch enough to carry them to the nearest land.


“Unless our genie furnishes us with the means of returning home,” said Pencroff.

And, indeed, if Neb and Pencroff had been told that a 300-ton ship was waiting for them in Shark Gulf or Balloon Harbor, they would not have manifested any surprise. In their present condition they expected every thing.


But Cyrus Smith, less confident, urged them to keep to realities, and to build the vessel, whose need was urgent, since a paper should be placed on Tabor Island as soon as possible, in order to indicate the new abode of Ayrton.


The Bonadventure was gone. It would take at least six months to build another vessel, and, as winter was approaching, the voyage could not be made before the next spring.


“We have time to prepare ourselves for the fine weather,” said the engineer, talking of these things with Pencroff. “I think, therefore, since we have to build our own ship, it will be better to make her dimensions greater than before. The arrival of the Scotch yacht is uncertain. It may even have happened that it has come and gone. What do you think? Would it not be better to build a vessel, that, in case of need, could carry us to the archipelagoes or New Zealand?”



“I think, Mr. Smith, that you are as able to build a large vessel as a small one. Neither wood nor tools are wanting. It is only a question of time.”


“And how long would it take to build a ship of 250 or 300 tons?” asked Cyrus Smith.


“Seven or eight months at least, answered Pencroff. But we must not forget that winter is at hand, and that the timber will be difficult to work during the severe cold. So, allowing for some weeks’ delay, you can be happy if you have your ship by next November.”


“Very well, that will be just the season to undertake a voyage of some length, be it to Tabor Island of further.”



“All right, Mr. Smith, make your plans. The workmen are ready, and I guess that Ayrton will lend a helping hand.”



The engineer’s project met the approval of the colonists, and indeed it was the best thing to do. It is true that it was a great undertaking, but they had that confidence in themselves, which is one of the elements of success.


While Cyrus Smith was busy preparing the plans of the vessel, the others occupied themselves in felling the trees and preparing the timber. The forests of the Far West furnished the best oak and elm, which were carried over the new road through the forest to the Chimneys, where the ship-yard was established.








It was important that the timber should be cut soon, as it was necessary to have it seasoning for some time. Therefore the carpenters worked vigorously during April, which was not an inclement month, save for some violent wind storms. Jup helped them by his adroitness, either in climbing to the top of a tree to fasten a rope, or by carrying loads on his strong shoulders.



The timber was piled under a huge shed to await its use; and, meanwhile, the work in the fields was pushed forward, so that soon all traces of the devastation caused by the pirates had disappeared.




The mill was rebuilt, and a new enclosure for the poultry yard. This had to be much larger than the former, as the number of its occupants had increased largely. The stables contained five onagas, four of them well broken, and one little colt. A plough had been added to the stock of the colony, and the onagas were employed in tillage as if they were Yorkshire or Kentucky cattle. All the colonists did their share, and there were no idle hands. And thus, with good health and spirits, they formed a thousand projects for the future.






Ayrton took part in these common activities, and spoke no longer of returning to the corral. Nevertheless, he was always quiet and uncommunicative, and shared more in the work than the pleasure of his companions. He was a strong workman, vigorous, adroit, intelligent, and he could not fail to see that he was esteemed and loved by the others.


But the corral was not abandoned. Every other day some one went there and brought back the supply of milk for the colony, and these occasions were also hunting excursions. So that, Herbert and Spilett, with Top in advance, oftenest made the journey, and all kinds of game abounded in the kitchen of Granite House. The products of the warren and the oyster-bed, some turtles, a haul of excellent salmon, the vegetables from the plateau, the natural fruits of the forest, were riches upon riches, and Neb, the chief cook, found it difficult to store them all away.








The telegraph had been repaired, and was used whenever one of the party remained over night at the corral. But the island was secure now from any aggression—at least from men.




Nevertheless, what had happened once might happen again, and a descent of pirates was always to be feared. And it was possible that accomplices of Harvey, still in Norfolk, might be privy to his projects and seek to imitate them. Every day the colonists searched the horizon visible from Granite House with the glass, and whenever they were at the corral they examined the west coast. Nothing appeared, but they were always on the alert.






One evening the engineer told his companions of a project to fortify the corral. It seemed prudent to heighten the palisade, and to flank it with a sort of block house, in which the colonists could defend themselves against a host of enemies. Granite House, owing to its position, was impregnable, and the corral would always be the objective point of pirates.







About the 15th of May the keel of the new vessel was laid, and the stem and stern posts raised. This keel was of oak, 110 feet long, and the breadth of beam was 25 feet. But, with the exception of putting up a couple of the frame pieces, this was all that could be done before the bad weather and the cold set in.



Pencroff and Ayrton worked as long as they were able, but severely cold weather following the rain made the wood impossible to handle, and by the 10th of June the work was given up entirely, and the colonists were often obliged to keep in-doors.






This confinement was hard for all of them, but especially so for Gideon Spilett.

“I’ll tell you what, Neb,” he said, “I will give you everything I own if you will get me a newspaper! All that I want to make me happy is to know what is going on in the world!”




Neb laughed.

“Faith!” said he, “I am busy enough with my daily work.”


And, indeed, occupation was not wanting. The colony was at the summit of prosperity. The accident to the brig had been a new source of riches. Without counting a complete outfit of sails, which would answer for the new ship, utensils and tools of all sorts, ammunition, clothing, and instruments filled the store-rooms of Granite House.


 There was no longer a necessity to manufacture cloth in the felting mill. Linen, also, was plenty, and they took great care of it.




From the chloride of sodium Cyrus Smith had easily extracted soda and chlorine. The soda was easily transformed into carbonate of soda, and the chlorine was employed for various domestic purposes, but especially for bleaching the linen.



Thus passed June, July, and August; very rigorous months, in which the thermometer measured but 8° Fahrenheit. All, men and animals, enjoyed good health. Jup, it is true, shivered a little with the cold, and they had to make him a good robe.




During the seven months that had passed since the exploration of the mountain nothing had been seen or heard of the genie of the island. Although, it is true, that nothing had happened to the colonists requiring his assistance.




Cyrus Smith noticed, too, that the growling of the dog and the anxiety of the orangutan had ceased during this time.






These two friends no longer ran to the orifice of the well nor acted in that strange way which had attracted the attention of the engineer. But did this prove that everything had happened that was going to happen? That they were never to find an answer to the enigma? Could it be affirmed that no new conjunction of circumstances would make this mysterious personage appear again? Who knows what the future may bring forth?




On the 7th of September, Cyrus Smith, looking towards Mount Franklin, saw a smoke rising and curling above the crater.