Mysterious Island         Shipwrecked in the Air         Abandoned         Secret of the Island          

 

 

   PART III

 

   CHAPTER 43

 

   CHAPTER 44

 

   CHAPTER 45

 

   CHAPTER 46

 

   CHAPTER 47

 

   CHAPTER 48

 

   CHAPTER 49

 

   CHAPTER 50

 

   CHAPTER 51

 

   CHAPTER 52

 

   CHAPTER 53

 

   CHAPTER 54

 

   CHAPTER 55

 

   CHAPTER 56

 

   CHAPTER 57

 

   CHAPTER 58

   CHAPTER 59

 

   CHAPTER 60

 

   CHAPTER 61

 

   CHAPTER 62

 

CHAPITRE 59

Le jour était venu. Aucun rayon lumineux ne pénétrait dans cette profonde crypte. La mer, haute en ce moment, en obstruait l’ouverture. Mais la lumière factice qui s’échappait en longs faisceaux à travers les parois du Nautilus n’avait pas faibli, et la nappe d’eau resplendissait toujours autour de l’appareil flottant.

Une extrême fatigue accablait alors le capitaine Nemo, qui était retombé sur le divan. On ne pouvait songer à le transporter à Granite-House, car il avait manifesté sa volonté de rester au milieu de ces merveilles du Nautilus, que des millions n’eussent pas payées, et d’y attendre une mort, qui ne pouvait tarder à venir.

Pendant une assez longue prostration qui le tint presque sans connaissance, Cyrus Smith et Gédéon Spilett observèrent avec attention l’état du malade. Il était visible que le capitaine s’éteignait peu à peu. La force allait manquer à ce corps autrefois si robuste, maintenant frêle enveloppe.

L’ingénieur et le reporter s’étaient consultés à voix basse. Y avait-il quelque soin à donner à ce mourant ? Pouvait-on, sinon le sauver, du moins prolonger sa vie pendant quelques jours ? Lui-même avait dit qu’il n’y avait aucun remède, et il attendait tranquillement la mort, qu’il ne craignait pas.

« Nous ne pouvons rien, dit Gédéon Spilett.

– Mais de quoi meurt-il ? demanda Pencroff.

– Il s’éteint, répondit le reporter.

– Cependant, reprit le marin, si nous le transportions en plein air, en plein soleil, peut-être se ranimerait-il ?

– Non, Pencroff, répondit l’ingénieur, rien n’est à tenter ! D’ailleurs, le capitaine Nemo ne consentirait pas à quitter son bord. Il y a trente ans qu’il vit sur le Nautilus, c’est sur le Nautilus qu’il veut mourir. »

Sans doute, le capitaine Nemo entendit la réponse de Cyrus Smith, car il se releva un peu, et d’une voix plus faible, mais toujours intelligible :

« Vous avez raison, monsieur, dit-il. Je dois et je veux mourir ici. Aussi ai-je une demande à vous faire. »

Cyrus Smith et ses compagnons s’étaient rapprochés du divan, et ils en disposèrent les coussins de telle sorte que le mourant fût mieux appuyé.

On put voir alors son regard s’arrêter sur toutes les merveilles de ce salon, éclairé par les rayons électriques que tamisaient les arabesques d’un plafond lumineux.

Il regarda, l’un après l’autre, les tableaux accrochés aux splendides tapisseries des parois, ces chefs-d’œuvre des maîtres italiens, flamands, français et espagnols, les réductions de marbre et de bronze qui se dressaient sur leurs piédestaux, l’orgue magnifique adossé à la cloison d’arrière, puis les vitrines disposées autour d’une vasque centrale, dans laquelle s’épanouissaient les plus admirables produits de la mer, plantes marines, zoophytes, chapelets de perles d’une inappréciable valeur, et, enfin, ses yeux s’arrêtèrent sur cette devise du Nautilus:

Mobilis in mobile
.

Il semblait qu’il voulût une dernière fois caresser du regard ces chefs-d’œuvre de l’art et de la nature, auxquels il avait limité son horizon pendant un séjour de tant d’années dans l’abîme des mers !

Cyrus Smith avait respecté le silence que gardait le capitaine Nemo. Il attendait que le mourant reprît la parole.

Après quelques minutes, pendant lesquelles il revit passer devant lui, sans doute, sa vie tout entière, le capitaine Nemo se retourna vers les colons et leur dit :

« Vous croyez, messieurs, me devoir quelque reconnaissance ?

– Capitaine, nous donnerions notre vie pour prolonger la vôtre !

– Bien, reprit le capitaine Nemo, bien !… Promettez-moi d’exécuter mes dernières volontés, et je serai payé de tout ce que j’ai fait pour vous.

– Nous vous le promettons », répondit Cyrus Smith.

« Messieurs, reprit le capitaine, demain, je serai mort. »

Il arrêta d’un signe Harbert, qui voulut protester.

« Demain, je serai mort, et je désire ne pas avoir d’autre tombeau que le Nautilus. C’est mon cercueil, à moi ! Tous mes amis reposent au fond des mers, j’y veux reposer aussi. »

Un silence profond accueillit ces paroles du capitaine Nemo.

« Écoutez-moi bien, messieurs, reprit-il. Le Nautilus est emprisonné dans cette grotte, dont l’entrée s’est exhaussée. Mais, s’il ne peut quitter sa prison, il peut du moins s’engouffrer dans l’abîme qu’elle recouvre et y garder ma dépouille mortelle. » Les colons écoutaient religieusement les paroles du mourant.

« Demain, après ma mort, Monsieur Smith, reprit le capitaine, vous et vos compagnons, vous quitterez le Nautilus, car toutes les richesses qu’il contient doivent disparaître avec moi. Un seul souvenir vous restera du prince Dakkar, dont vous savez maintenant l’histoire. Ce coffret… là… renferme pour plusieurs millions de diamants, la plupart, souvenirs de l’époque où, père et époux, j’ai presque cru au bonheur, et une collection de perles recueillies par mes amis et moi au fond des mers. Avec ce trésor, vous pourrez faire, à un jour donné, de bonnes choses. Entre des mains comme les vôtres et celles de vos compagnons, Monsieur Smith, l’argent ne saurait être un péril. Je serai donc, de là-haut, associé à vos œuvres, et je ne les crains pas ! »

Après quelques instants de repos, nécessités par son extrême faiblesse, le capitaine Nemo reprit en ces termes :

« Demain, vous prendrez ce coffret, vous quitterez ce salon, dont vous fermerez la porte ; puis, vous remonterez sur la plate-forme du Nautilus, et vous rabattrez le capot, que vous fixerez au moyen de ses boulons.

– Nous le ferons, capitaine, répondit Cyrus Smith.

– Bien. Vous vous embarquerez alors sur le canot qui vous a amenés. Mais, avant d’abandonner le Nautilus, allez à l’arrière, et là, ouvrez deux larges robinets qui se trouvent sur la ligne de flottaison. L’eau pénétrera dans les réservoirs, et le Nautilus s’enfoncera peu à peu sous les eaux pour aller reposer au fond de l’abîme. »

Et, sur un geste de Cyrus Smith, le capitaine ajouta :

« Ne craignez rien ! Vous n’ensevelirez qu’un mort ! »

Ni Cyrus Smith, ni aucun de ses compagnons n’eussent cru devoir faire une observation au capitaine Nemo. C’étaient ses dernières volontés qu’il leur transmettait, et ils n’avaient qu’à s’y conformer.

« J’ai votre promesse, messieurs ? Ajouta le capitaine Nemo.

– Vous l’avez, capitaine », répondit l’ingénieur.

Le capitaine fit un signe de remerciement et pria les colons de le laisser seul pendant quelques heures. Gédéon Spilett insista pour rester près de lui, au cas où une crise se produirait, mais le mourant refusa, en disant : « Je vivrai jusqu’à demain, monsieur ! »

Tous quittèrent le salon, traversèrent la bibliothèque, la salle à manger, et arrivèrent à l’avant, dans la chambre des machines, où étaient établis les appareils électriques, qui, en même temps que la chaleur et la lumière, fournissaient la force mécanique au Nautilus.

Le Nautilus était un chef-d’œuvre qui contenait des chefs-d’œuvre, et l’ingénieur fut émerveillé.

Les colons montèrent sur la plate-forme, qui s’élevait de sept ou huit pieds au-dessus de l’eau. Là, ils s’étendirent près d’une épaisse vitre lenticulaire qui obturait une gerbe de lumière. Derrière cet œil s’évidait une cabine qui contenait les roues du gouvernail et dans laquelle se tenait le timonier, quand il dirigeait le Nautilus à travers les couches liquides, que les rayons électriques devaient éclairer sur une distance considérable.

Cyrus Smith et ses compagnons restèrent d’abord silencieux, car ils étaient vivement impressionnés de ce qu’ils venaient de voir, de ce qu’ils venaient d’entendre.

– Le Nautilus, fit alors observer Ayrton, aurait peut-être pu nous servir à quitter l’île Lincoln et à gagner quelque terre habitée.

– Mille diables ! s’écria Pencroff, ce n’est pas moi qui me hasarderais jamais à diriger un pareil bateau. Courir sur les mers, bien ! Mais sous les mers, non !

– Je crois, répondit le reporter, que la manœuvre d’un appareil sous-marin tel que ce Nautilus doit être très facile, Pencroff, et que nous aurions vite fait de nous y habituer. Pas de tempêtes, pas d’abordages à craindre. À quelques pieds au-dessous de sa surface, les eaux de la mer sont aussi calmes que celles d’un lac.

– Possible ! Riposta le marin, mais j’aime mieux un bon coup de vent à bord d’un navire bien gréé. Un bateau est fait pour aller sur l’eau et non dessous.

– Mes amis, répondit l’ingénieur, il est inutile, au moins à propos du Nautilus, de discuter cette question des navires sous-marins. Le Nautilus n’est pas à nous, et nous n’avons pas le droit d’en disposer. Il ne pourrait, d’ailleurs, nous servir en aucun cas. Outre qu’il ne peut plus sortir de cette caverne, dont l’entrée est maintenant fermée par un exhaussement des roches basaltiques, le capitaine Nemo veut qu’il s’engloutisse avec lui après sa mort. Sa volonté est formelle, et nous l’accomplirons. »

Cyrus Smith et ses compagnons, après une conversation qui se prolongea quelque temps encore, redescendirent à l’intérieur du Nautilus. Là, ils prirent quelque nourriture et rentrèrent dans le salon.

Le capitaine Nemo était sorti de cette prostration qui l’avait accablé, et ses yeux avaient repris leur éclat. On voyait comme un sourire se dessiner sur ses lèvres.

Les colons s’approchèrent de lui. « Messieurs, leur dit le capitaine, vous êtes des hommes courageux, honnêtes et bons. Vous vous êtes tous dévoués sans réserve à l’œuvre commune. Je vous ai souvent observés. Je vous ai aimés, je vous aime !… votre main, Monsieur Smith ! »

Cyrus Smith tendit sa main au capitaine, qui la serra affectueusement.

« Cela est bon ! » murmura-t-il.

Puis, reprenant : « Mais c’est assez parler de moi ! J’ai à vous parler de vous-mêmes et de l’île Lincoln, sur laquelle vous avez trouvé refuge… Vous comptez l’abandonner ?

– Pour y revenir, capitaine ! répondit vivement Pencroff.

– Y revenir ?… En effet, Pencroff, répondit le capitaine en souriant, je sais combien vous aimez cette île. Elle s’est modifiée par vos soins, et elle est bien vôtre !

– Notre projet, capitaine, dit alors Cyrus Smith, serait d’en doter les États-Unis et d’y fonder pour notre marine une relâche qui serait heureusement située dans cette portion du Pacifique.

– Vous pensez à votre pays, messieurs, répondit le capitaine. Vous travaillez pour sa prospérité, pour sa gloire. Vous avez raison. La patrie !… c’est là qu’il faut retourner ! C’est là que l’on doit mourir !… et moi, je meurs loin de tout ce que j’ai aimé !

– Auriez-vous quelque dernière volonté à transmettre ? dit vivement l’ingénieur, quelque souvenir à donner aux amis que vous avez pu laisser dans ces montagnes de l’Inde ?

– Non, Monsieur Smith. Je n’ai plus d’amis ! Je suis le dernier de ma race… et je suis mort depuis longtemps pour tous ceux que j’ai connus… mais revenons à vous. La solitude, l’isolement sont choses tristes, au-dessus des forces humaines… je meurs d’avoir cru que l’on pouvait vivre seul !… Vous devez donc tout tenter pour quitter l’île Lincoln et pour revoir le sol où vous êtes nés. Je sais que ces misérables ont détruit l’embarcation que vous aviez faite…

– Nous construisons un navire, dit Gédéon Spilett, un navire assez grand pour nous transporter aux terres les plus rapprochées ; mais si nous parvenons à la quitter tôt ou tard, nous reviendrons à l’île Lincoln. Trop de souvenirs nous y rattachent pour que nous l’oubliions jamais !

– C’est ici que nous aurons connu le capitaine Nemo, dit Cyrus Smith.

– Ce n’est qu’ici que nous retrouverons votre souvenir tout entier ! ajouta Harbert.

– Et c’est ici que je reposerai dans l’éternel sommeil, si… » répondit le capitaine.

Il hésita, et, au lieu d’achever sa phrase, il se contenta de dire :

« Monsieur Smith, je voudrais vous parler… À vous seul ! »

Les compagnons de l’ingénieur, respectant ce désir du mourant, se retirèrent.

Cyrus Smith resta quelques minutes seulement enfermé avec le capitaine Nemo, et bientôt il rappela ses amis, mais il ne leur dit rien des choses secrètes que le mourant avait voulu lui confier.

Gédéon Spilett observa alors le malade avec une extrême attention. Il était évident que le capitaine n’était plus soutenu que par une énergie morale, qui ne pourrait bientôt plus réagir contre son affaiblissement physique. La journée se termina sans qu’aucun changement se manifestât. Les colons ne quittèrent pas un instant le Nautilus. La nuit était venue, bien qu’il fût impossible de s’en apercevoir dans cette crypte.

Le capitaine Nemo ne souffrait pas, mais il déclinait. Sa noble figure, pâlie par les approches de la mort, était calme. De ses lèvres s’échappaient parfois des mots presque insaisissables, qui se rapportaient à divers incidents de son étrange existence. On sentait que la vie se retirait peu à peu de ce corps, dont les extrémités étaient déjà froides. Une ou deux fois encore, il adressa la parole aux colons rangés près de lui, et il leur sourit de ce dernier sourire qui se continue jusque dans la mort. Enfin, un peu après minuit, le capitaine Nemo fit un mouvement suprême, et il parvint à croiser ses bras sur sa poitrine, comme s’il eût voulu mourir dans cette attitude.

Vers une heure du matin il expira doucement.

Harbert et Pencroff pleuraient. Ayrton essuyait une larme furtive. Nab était à genoux près du reporter et Cyrus Smith, changé en statue.

 

Quelques heures après, les colons remplissaient la promesse faite au capitaine, ils accomplissaient les dernières volontés du mort. Cyrus Smith et ses compagnons quittèrent le Nautilus, après avoir emporté l’unique souvenir que leur eût légué leur bienfaiteur, ce coffret qui renfermait cent fortunes.

Le merveilleux salon, toujours inondé de lumière, avait été fermé soigneusement. La porte de tôle du capot fut alors boulonnée, de telle sorte que pas une goutte d’eau ne pût pénétrer à l’intérieur des chambres du Nautilus. Puis, les colons descendirent dans le canot, qui était amarré au flanc du bateau sous-marin.

Ce canot fut conduit à l’arrière. Là, à la ligne de flottaison, s’ouvraient deux larges robinets qui étaient en communication avec les réservoirs destinés à déterminer l’immersion de l’appareil. Ces robinets furent ouverts, les réservoirs s’emplirent, et le Nautilus disparut sous la nappe liquide.

Mais les colons purent le suivre encore à travers les couches profondes. Sa puissante lumière éclairait les eaux transparentes, tandis que la crypte redevenait obscure. Puis, ce vaste épanchement d’effluences électriques s’effaça enfin, et bientôt le Nautilus, devenu le cercueil du capitaine Nemo, reposait au fond des mers.

CHAPTER 59

It was morning, though no ray of daylight penetrated the vault. The sea, at this moment high, covered the outlet. But the artificial light escaping in long rays from the sides of the Nautilus, had not diminished, and the sheet of water around the vessel glowed resplendent.


Captain Nemo, overcome by an extreme fatigue, fell back upon the divan. They did not dream of transporting him to Granite House, as he had shown a wish to remain among the priceless treasures of the Nautilus, awaiting that death which could not be long in coming.


Cyrus Smith and Gideon Spilett observed with great attention his prostration. They saw that he was slowly sinking. His strength, formerly so great, was almost gone, and his body was but a frail envelope.


The engineer and the reporter consulted together in low tones. Could they do anything for the dying man? Could they, if not save him, at least prolong his life for a few days? He himself had said that there was no remedy, and he awaited death calmly and without fear.

“We can do nothing,” said Gideon Spilett.

“What is he dying of?” asked Pencroff.

“Of exhaustion,” answered the reporter.

“Supposing we take him out into the open air, into the sunlight, perhaps he would revive?”

“No, Pencroff,” responded the engineer, “there is nothing to do. Moreover, Captain Nemo would not be willing to leave here. He has lived on the Nautilus for thirty years, and on the Nautilus he wishes to die.”

Doubtless Captain Nemo heard Smith’s words, for, raising himself up a little, and speaking in a feeble but intelligible voice, he said:—

“You are right. I wish to die here. And I have a request to make.”

Cyrus Smith and his companions had gathered round the divan, and they arranged the cushions so that the dying man was more comfortably placed.

They saw that his gaze was fixed upon the marvels of the saloon, lit up by the rays of electric light sifting through the arabesques of the luminous ceiling.

He looked upon the pictures, those masterpieces of Italian, Flemish, French, and Spanish masters, which hung on the tapestried walls, upon the marbles and bronzes, upon the magnificent organ at the opposite end of the saloon, upon the glasses arranged around a central vase in which were disposed the rarest products of the seas, marine plants, zoophytes, chaplets of pearls of an inappreciable value, and at length his attention was fixed upon the motto of the Nautilus:



Mobilis in mobile
.

It seemed as if he wished to caress with his regard, one last time, those chefs d’oeuvre of art and nature which had been ever visible to him in the years of his sojourn in the depths of the sea!

Cyrus Smith respected Captain Nemo’s silence. He waited for him to speak.

After some moments, during which passed before him, doubtless, his whole life, Captain Nemo turned to the colonists and said:—

“You wish to do me a favor?”

“Captain, we would give our lives to prolong yours!”


“Well, then, promise me that you will execute my last wishes, and I will be repaid for all that I have done for you.”

“We promise,” answered Cyrus Smith, speaking for his companions and himself.

“To-morrow,” said the Captain, “to-morrow I will be dead.”

He made a sign to Herbert, who was about to protest.

“Tomorrow I will be dead, and I wish for no other tomb than the Nautilus. It is my coffin! All my friends rest at the bottom of the sea, and I wish to rest there also.”

A profound silence followed the words of Captain Nemo.

“Attend to what I say,” he continued. “The Nautilus is imprisoned in this grotto. But if she cannot leave this prison, she can at least sink herself in the abyss, which will cover her and guard my mortal remains.” The colonists listened religiously to the words of the dying man.


“Tomorrow, after I am dead, Mr. Smith,” continued the Captain, “you and your companions will leave the Nautilus, all of whose riches are to disappear with me. One single remembrance of Prince Dakar, whose history you now know, will remain to you. That coffer, there, encloses diamonds worth many millions, most of them souvenirs of the time when, a husband and father, I almost believed in happiness, and a collection of pearls gathered by my friends and myself from the bottom of the sea. With this treasure, you will be able, some time, to accomplish good. In your hands and those of your companions, Mr. Smith, wealth will not be dangerous. I shall be ever present with you in your works.”


After some moments of rest, necessitated by his extreme feebleness, Captain Nemo continued as follows:—

“Tomorrow, you will take this coffer, you will leave this saloon, and close the door; then you will ascend to the platform of the Nautilus and you will bolt down the hatchway.”

“We will do it, sir,” replied Cyrus Smith.

“Very well. You will then embark in the boat which brought you here. But, before abandoning the Nautilus, go to the stern, and there, open two large cocks which you will find at the water-line. The water will penetrate and the Nautilus will sink beneath the waves and rest upon the bottom of the abyss.”


Then, upon a gesture from Cyrus Smith, the Captain added:—

“Fear nothing! you will only be burying the dead!”

Neither Cyrus Smith nor his companions could say a word to Captain Nemo. These were his last wishes, and they had nothing else to do but obey them.


“I have your promise?” asked Captain Nemo.

“You have it, sir,” answered the engineer.

The Captain made a sign thanking them, and then motioned to be left alone for a few hours. Spilett insisted on remaining with him, in case of an emergency, but the other refused, saying: “I will live till morning, sir.”


All left the salon, passing through the library, the dining-room, and reached the forward part of the vessel, where the electric apparatus, furnishing heat, light, and motive power to the Nautilus was placed.

The Nautilus was a masterpiece, which filled the engineer with amazement.

The colonists mounted the platform, which rose seven or eight feet above the water. Then they saw a lenticular glass through which penetrated a ray of light. Behind glass was the command console of the Nautilus.





Cyrus Smith and his companions stood here in silence, impressed by what they saw, and what they had heard.


“The Nautilus,” observed Ayrton, “would, perhaps, have served us to leave Lincoln Island and gain some inhabited country.”

“A thousand devils!” cried Pencroff. “You couldn’t get me to steer such a craft. To sail over the seas is all very well, but under the seas,—no, sir!”

“I think, Pencroff,” said the reporter, “that it would be easy to manage a submarine apparatus like the Nautilus, and that we would soon get accustomed to it. No storms, no boarding to fear. At some little distance under the waves the waters are as calm as those of a lake.”


“That’s likely enough,” answered the sailor, “but give me a stiff breeze and a well rigged ship. A ship is made to go on the water and not under it.”

“My friends,” said the engineer, “it is useless, at least as far as the Nautilus is concerned, to discuss this question of submarine vessels. The Nautilus is not ours, and we have no right to dispose of it. It could not, moreover, serve us under any circumstances. Aside from the fact that it cannot get out of this cavern, Captain Nemo wishes it to be engulfed with him after his death. His wish is law, and we will obey it.”



Cyrus Smith and his companions, after talking for a while longer, descended into the interior of the Nautilus. There they ate some food and returned to the salon.

Captain Nemo had recovered from his prostration, and his eyes had regained their brilliancy. They saw a smile upon his lips.

The colonists approached him. “Sirs,” said the Captain, “you are brave men, and good and honest. You have given yourselves up to the common cause. I have often watched you. I have loved you. I do love you!—Give me your hand, Mr. Smith.”

Smith gave his hand to the Captain, who pressed it affectionately.

“That is well!” he murmured. Then he added:—

“But I have said enough about myself. I wish to speak of yourselves and of Lincoln Island, on which you have found refuge. You want to leave it?”.

“To come back again!” said Pencroff eagerly.

“To return?—Oh! yes, Pencroff,” answered the Captain, smiling, “I know how much you love this island. It has been improved by your care, and it is, indeed, yours.”

“Our project, Captain,” added Smith, “would be to make it over to the United States, and to establish a station, which would be well situated here in this part of the Pacific.”


“You think of your country,” replied the Captain. “You work for her prosperity, for her glory. You are right. The Fatherland! It is there we wish to return! It is there we wish to die! And I, I die far from everything that I have loved!”


“Have you no last wish to have executed,” asked the engineer earnestly, “no souvenir to send to those friends you left in the mountains of India?”

“No, Mr. Smith, I have no friends! I am the last of my race—and I die long after those whom I have known.—But to return to yourselves. Solitude, isolation are sorrowful things, beyond human endurance. I die from having believed that man could live alone!—You wish to leave Lincoln Island and to return to your country. I know that these wretches have destroyed your boat-”

“We are building a ship,” said Gideon Spilett, “a ship large enough to take us to the nearest country; but if sooner or later we leave the island, we will come back again. Too many associations attach us to the place, for us ever to forget it.”


“Here we met Captain Nemo,” said Smith.


“Here only will we find the perfect remembrance of you!” added Herbert.”

“It is here that I will rest in an eternal sleep, if—” answered the Captain.

He hesitated, and, instead of finishing his sentence, said:—


“Mr. Smith, I wish to speak with you,—with you alone.”

The companions of the engineer retired, and Smith remained for some time alone with Captain Nemo.

Cyrus Smith soon called back his friends, but said nothing to them of the secrets which the dying prince had confided to him.

Gideon Spilett observed the Captain with extreme attention. He was evidently living by the strength of his will, which could not long hold out against his physical weakness. The day ended without any change manifesting itself. The colonists did not leave the Nautilus. Night came, although unseen in this crypt.


Captain Nemo did not suffer pain, but sunk slowly. His noble face, pale by the approach of death, was perfectly calm. Now and then he spoke, incoherently, of events in his strange existence.—All saw that life was retreating. His feet and hands were already cold. Once or twice, he spoke a word to the colonists who were about him, and he looked upon them with that smile which remained when he was no more. At last, just after midnight, Captain Nemo made a supreme effort, and crossed his arms upon his breast, as if he wished to die in that attitude.


Towards 1 o’clock he expired quietly.

Herbert and Pencroff wept. Ayrton wiped away a furtive tear. Neb was on his knees near the reporter and Cyrus Smith, who was immobile as a statue.

 

Some hours later, the colonists, in fulfillment of their promise, carried out the last wishes of the dead. They left the Nautilus, taking with them the sole souvenir of their benefactor, the coffer containing a hundred fortunes.


The marvelous salon, still flooded with light, was carefully closed. The cover to the hatchway was bolted down in such a manner that not a drop of water could penetrate to the inner chambers of the Nautilus. Then the colonists entered the boat, which was moored beside the submarine.


The boat was taken to the stern. There, at the water-line, they opened the two large valves which communicated with the reservoirs designed to immerse the submarine. The valves were opened, the reservoirs filled, and the Nautilus disappeared beneath the sea.

But the colonists were able still to follow her coarse through the lower depths. Her strong light lit up the transparent waters, as the crypt became darkened. Then at length the vast effusion of electric effulgence was effaced, and the Nautilus, the tomb of Captain Nemo, rested upon the bottom of the sea.